Précarité menstruelle : 200 femmes visées par un nouveau dispositif sur le bassin de Thau
Précarité menstruelle : 200 femmes visées dans le bassin de Thau

Environ 200 femmes en situation de grande vulnérabilité pourraient bénéficier d'un nouveau dispositif de lutte contre la précarité menstruelle sur le bassin de Thau, dans l'Hérault. Sète agglopôle Méditerranée a signé une convention de partenariat avec le Planning familial 34 et le SIAO 34, financée à hauteur de 75 000 € par l'État et 10 000 € par la MSA, pour offrir des protections périodiques gratuites et former les acteurs locaux.

Un constat alarmant et des financements dédiés

La collectivité a officialisé ce partenariat devant une cinquantaine d'acteurs de la santé et de la solidarité. Selon l'Agglo, « la lutte contre la précarité menstruelle et la promotion de la santé sexuelle ne sauraient s'arrêter aux portes de l'intimité : c'est une question de dignité humaine, de justice sociale et de santé publique ». Elle souligne que « chaque mois, faute de moyens pour acheter des protections périodiques, certaines femmes sont contraintes de renoncer à aller travailler, à étudier ou à participer pleinement à la vie sociale ».

Le coût des protections menstruelles peut représenter jusqu'à 4 000 € sur une vie, une dépense récurrente qui, pour les plus fragiles, devient un facteur de renoncement et d'isolement. Les financements, obtenus en 2025 dans le cadre d'un appel à projet de la Direction départementale de l'emploi, du travail et des solidarités (DDETS) de l'Hérault, permettront de déployer une double action sur le territoire.

Former les acteurs et lever les tabous

Le dispositif prévoit d'abord la formation des professionnels du réseau fédéré par l'Agglo : CCAS, maisons de santé, communauté professionnelle territoriale de santé, associations d'aide alimentaire, d'insertion et de santé, travailleurs sociaux, médecins, paramédicaux et élus. L'objectif est de « lever les tabous dans la durée » et d'organiser des animations et groupes de parole pour les femmes accueillies par ce réseau.

« Les besoins s'expriment de partout en matière d'offre, de prévention de santé, des acteurs il y en a aussi beaucoup, mais il manquait une politique coordonnée à l'échelle du territoire », explique Eric Lutrand, directeur du développement social, sanitaire et urbain à l'Agglo. Ces formations visent à accompagner les populations en grande vulnérabilité dans l'accès aux soins, avec la santé sexuelle en première ligne, mais aussi pour l'ouverture de droits, dans une logique de « care ».

Un accès gratuit et ciblé aux protections

Le dispositif « Précarité menstruelle et promotion de la santé sexuelle » (PMPSS) permettra un accès gratuit et ciblé aux protections menstruelles de toutes catégories, fournies par le Planning familial. Cela s'ajoute aux lots de protections réutilisables remboursés par la Sécurité sociale depuis le 1er octobre. L'Agglo coordonnera les besoins : « L'aspect logistique est en train de se mettre en place pour trouver un lieu qui centralisera les apports, où les membres du réseau viendront se ravitailler », assure Eric Lutrand.

Après un premier tour de table, 200 femmes pourraient bénéficier de ce système, « mais on espère aller au-delà », conclut-il. Le dispositif s'inscrit dans une démarche plus large de solidarité et de santé publique sur le bassin de Thau.