Le centre d'hébergement d'urgence de nuit des Prés d'Arènes à Montpellier, ouvert en janvier 2020, a définitivement fermé ses portes ce jeudi 1er octobre. Cette structure, d'une capacité de 40 places aménagées dans des mobil-homes, était gérée par l'association Coallia. Cette fermeture intervient le même jour qu'un hommage rendu à Michaël, un sans-abri de 32 ans retrouvé mort sous un abri de fortune près du cimetière Saint-Lazare.
Une fermeture qui réduit l'offre d'urgence
Le centre, situé dans le quartier des Prés d'Arènes, avait été validé par le préfet de l'époque, Jacques Witkowski. Un projet de construction "en dur" devait voir le jour à quelques mètres de là, mais il n'a pas abouti faute de financements. La fermeture de ce centre illustre les difficultés budgétaires rencontrées dans le secteur social et de l'aide aux plus démunis.
L'association Coallia, l'un des principaux opérateurs de l'hébergement d'urgence en France, a dû faire face à des restructurations importantes ces dernières années, en raison de dysfonctionnements internes et d'une diminution des dotations de l'État.
La préfète défend la rationalisation
La préfète de l'Hérault, Chantal Mauchet, a rappelé les efforts de ses services en matière d'hébergement d'urgence, notamment la mise à l'abri dans des hôtels avec 900 places. Elle a précisé : "Aujourd'hui dans le département nous avons près de 2 600 places d'hébergement d'urgence. L'État y met 30 M€. C'est certainement insuffisant mais notre travail est de rationaliser davantage cet hébergement d'urgence, qui ne peut pas être inconditionnel. On doit fluidifier les entrées et les sorties et travailler sur les logements intermédiaires."
Des besoins toujours criants
Face à ces réductions, une pétition en ligne a été lancée par la Coordination contre les coupes budgétaires dans le social. Ses promoteurs estiment qu'il faudrait créer 1 468 places dans l'Hérault "pour combler le retard". En juillet, le 115 a reçu en moyenne 225 demandes d'hébergement d'urgence par jour, et 85 % de ces demandes n'ont pas été pourvues, selon les données rappelées par le collectif.
La fermeture du centre des Prés d'Arènes réduit donc l'offre disponible dans un département déjà sous-doté, alors que les associations continuent de dénoncer le manque de places et appellent à une augmentation des financements.