Cette semaine, le centre de secours de Mimizan est mis à l'honneur. Avec 1 864 interventions en 2025, les pompiers de cette caserne ne sont pas seulement des soldats du feu. Volontaires et professionnels, ils sont 52 à s'adapter aux saisons et à leurs problématiques spécifiques.
Un centre de secours complet
Douze kilomètres de côte, 30 000 hectares de forêt, environ 13 000 habitants en basse saison : depuis 1970, date d'ouverture du centre, les pompiers de Mimizan ont de quoi s'occuper. Leur zone d'intervention s'étend jusqu'à Aureilhan, Bias, une partie de Sainte-Eulalie-en-Born, et ils renforcent Pontenx-les-Forges et Saint-Paul-en-Born. Mimizan est l'un des centres de secours les plus complets des Landes, doté de matériel pour les sauveteurs aquatiques.
« En 2025, nous avons fait 1 864 interventions, indique le chef de centre, le lieutenant Aurélien Perletti. Actuellement, nous sommes 15 pompiers professionnels et 37 volontaires, dont sept femmes. La légende veut que nous soyons la caserne la plus éloignée d'un centre hospitalier de France. Mont-de-Marsan, Dax ou La Teste-de-Buch, c'est minimum une heure de route. »
Des interventions variées
De par sa situation géographique, la caserne doit intervenir sur des feux (forêts, urbains, usines) mais aussi sur toutes les problématiques liées à l'océan : malaises, noyades, échouages. La barre de l'« Apollonian Wave », pétrolier échoué à Mimizan en décembre 1976, trône dans la caserne.
Entre deux interventions, les pompiers évoquent les moments marquants. Le 2 décembre 1976, deux bateaux, le Virgo et l'Apollonian Wave, s'échouent à quelques heures d'intervalle. Le lieutenant Perletti raconte : « Nous avons récupéré la barre du second. » Jean-Pierre Grue, 65 ans, plus ancien pompier volontaire, se souvient du 9 septembre 1989 : « Un hélicoptère de la gendarmerie s'est crashé en mer. Six morts. J'étais sur la plage pour récupérer les corps. »
Plus récemment, le 6 novembre 2025, un voilier a chaviré avec trois personnes à bord. Le sergent-chef Sylvain Ducom a été l'un des premiers à se jeter à l'eau pour sauver une victime, au péril de sa vie, malgré les flots déchaînés, l'océan à 12 °C et la nuit tombante.
Une augmentation des interventions
En 2025, les pompiers ont aussi réalisé deux accouchements (un à domicile, un sur la voie publique) et sont intervenus sur un incendie mortel (un homme de 85 ans) et un feu à la papeterie en juin, nécessitant 96 heures de présence. Fin juillet, un restaurant de plage a été ravagé par les flammes.
Le chef de centre analyse : « En 2019, nous faisions 1 200 interventions. Depuis le Covid, on a environ 100 interventions de plus par an. En moyenne, 83 % de nos sorties concernent le secours à personne. » Les pompiers regrettent que les gens appellent parfois pour des motifs futiles, comme une dame qui ne se souvenait plus du code de déverrouillage de son portable.
Évolutions et nouvelles technologies
Les nouvelles technologies, notamment les portables, sont appréciées. « Ces outils facilitent notre travail. Nos tenues, notre matériel, nos véhicules aussi sont de plus en plus adaptés », s'accordent les professionnels, qui saluent les efforts du Sdis 40.
Pierre Guillet, 56 ans, note : « Les nouvelles générations sont très à l'aise avec une souris d'ordinateur, mais la plupart sont manchots avec une tronçonneuse. » Avec Vincent Castagnède, 57 ans, ils ont commencé dans les années 1990 à Mimizan. Ils observent avec humour un changement : « Avant, les vacances étaient en octobre et novembre pour la chasse à la palombe. Maintenant, tout le monde veut juillet ou août. »
Une journée type en basse saison
- 7 heures : embauche, les professionnels sont prêts à partir en intervention.
- 8 heures : annonce des effectifs et du matériel indisponible. Vérification des véhicules.
- 9 h 30 : manœuvre ou exercice grandeur nature.
- 10 h 30 à 12 heures : sport individuel ou collectif près de l'ambulance pour pouvoir partir en urgence.
- 12 à 14 heures : repas commun.
- 14 à 17 heures : travail administratif, nettoyage, entretien de l'ambulance.
- 17 à 19 heures : sport.
- 19 heures à 7 heures : les pompiers volontaires prennent la relève.
Les pompiers de Mimizan, unis par un esprit de famille, continuent de faire face aux défis quotidiens avec dévouement.



