Dans l'Hérault, la situation de l'hébergement d'urgence devient intenable : 84 % des demandes adressées au 115 restent sans réponse, et le département ne dispose que de 1,4 place pour 1 000 habitants, soit deux fois moins que la moyenne nationale. Olivier Jouffray, de l'association Gammes, dénonce une situation « incompréhensible » et des consignes de fermeture de places alors que les besoins augmentent.
Une pression croissante sur le 115 et les capacités d'accueil
Le nombre de personnes sans solution d'hébergement progresse dans l'Hérault, tandis que les capacités d'accueil diminuent. Olivier Jouffray, de l'association Gammes, alerte sur une situation devenue « incompréhensible » et appelle à renforcer les places d'hébergement d'urgence, d'insertion ou de logement accompagné, notamment en appartement, pour répondre aux besoins croissants des familles.
Environ 1 000 personnes, dont 467 enfants, sont actuellement hébergées à l'hôtel dans l'Hérault. Les dispositifs d'hébergement d'urgence et de mise à l'abri constituent l'un des quatre pôles d'activité de l'association Gammes, qui travaille en collaboration avec le 115/SIAO 34 sur l'accompagnement social des ménages mis à l'abri dans le département. L'association vérifie régulièrement que les hôtels conventionnés respectent les critères fixés.
Des fermetures de places malgré des besoins en hausse
« La pression augmente, car le nombre de personnes à la rue progresse. Parallèlement, l'État pousse à réduire le nombre de nuitées hôtelières dans l'Hérault », explique Olivier Jouffray. On assiste donc à des fermetures de places d'hébergement d'urgence, alors même que les besoins augmentent. Aujourd'hui, 84 % des demandes de personnes en difficulté restent sans réponse lorsqu'elles contactent le 115, numéro d'urgence des personnes sans solutions d'hébergement.
« La situation n'est pas du tout satisfaisante, particulièrement dans l'Hérault, où nous ne disposons que de 1,4 place d'hébergement pour 1 000 habitants, soit deux fois moins que la moyenne nationale. Et malgré cela, nous recevons des consignes de fermeture de places. C'est incompréhensible et la situation devient intenable », ajoute-t-il.
Des solutions structurelles pour sortir de l'urgence
Pour Olivier Jouffray, il faut « sortir de la logique court-termiste dans laquelle s'est engouffré l'État et qui pourrait bientôt conduire à une gestion de l'hébergement d'urgence par quotas de places ». Les décideurs doivent comprendre qu'une personne qui n'est pas hébergée coûte finalement plus cher à l'État, notamment en frais médicaux et en termes de désordres publics, qu'une personne prise en charge. Sans hébergement, sa situation ne peut pas être stabilisée.
Aujourd'hui, dans l'Hérault, pour atteindre la moyenne nationale, il faudrait créer 1 468 places d'hébergement d'urgence. « C'est indispensable », insiste-t-il. Il faut également privilégier l'hébergement en logement plutôt que les nuitées à l'hôtel, car ils sont beaucoup plus adaptés aux familles avec enfants et reviennent également moins cher à l'État. Cela permet d'améliorer les conditions d'hébergement des ménages accompagnés et de diminuer le coût global de la prise en charge.