L'Ehpad des Jardins de l'Alouette, situé sur le site Haut-Lévêque à Pessac, va fermer ses portes progressivement jusqu'au 31 décembre 2024. Cet établissement sous gestion hospitalière, qui compte 51 chambres, était initialement conçu pour accueillir des personnes âgées atteintes de troubles neurocognitifs et comportementaux, mais encore relativement autonomes sur le plan moteur.
Une décision contestée par la CGT
La CGT, qui a révélé l'information le 18 mai, dénonce une décision motivée par des considérations purement financières. Selon le syndicat, cette fermeture s'inscrit dans le cadre du plan de retour à l'équilibre financier mis en œuvre au CHU de Bordeaux. « Il y a encore une dizaine d'années, un Ehpad de 40 à 60 lits pouvait atteindre un équilibre budgétaire. Désormais, il faudrait disposer de 100 à 120 lits pour assurer la viabilité financière d'une structure », déplore la CGT.
La position du CHU : une question d'adaptation
Le CHU de Bordeaux réfute ces accusations et affirme que la décision ne repose pas sur des considérations économiques. « Les Jardins de l'Alouette avaient été conçus à l'origine pour accueillir des personnes âgées présentant des troubles neurocognitifs et des troubles du comportement, mais encore relativement autonomes sur le plan moteur, capables de marcher seuls et d'évoluer dans cet environnement adapté. Or, au fil des années, les pathologies des résidents ont évolué vers des situations de dépendance beaucoup plus lourdes, nécessitant un accompagnement et une organisation qui ne correspondent plus du tout au modèle initial de l'établissement », explique l'établissement.
En février 2023, les agents de l'Ehpad s'étaient mis en grève pour dénoncer l'insuffisance de personnel et des conditions de travail dégradées. « Une réorganisation, afin de permettre un accompagnement adapté aux besoins des résidents, avait conduit à la fermeture de la moitié des places », précise le CHU, qui évoque de nombreuses tentatives de réorganisation. « Malgré cela, les difficultés organisationnelles, les tensions de recrutement et l'épuisement des équipes se sont installés durablement. Les différents audits et analyses réalisés ont conclu à l'absence de pérennité du modèle actuel. Le choix du CHU est donc de privilégier une transition progressive et accompagnée, plutôt que de laisser se dégrader la situation au détriment des résidents comme des professionnels. Cette décision a été prise avec beaucoup de responsabilité et après plusieurs années de réflexion, d'analyses et de concertation avec l'ARS Nouvelle-Aquitaine, le Conseil départemental de la Gironde et les équipes médicales CHU et hors CHU. »
Des solutions pour les résidents et le personnel
La CGT craint un transfert des résidents vers des groupes privés, dans un contexte où les scandales liés à la marchandisation du grand âge restent présents dans les esprits. Le CHU assure que des solutions ont déjà été trouvées pour une majorité de résidents : « Les orientations se feront vers des Ehpad du territoire disposant d'organisations et de compétences adaptées. Chaque situation est étudiée au cas par cas. Le CHU de Bordeaux rappelle par ailleurs que son tout nouvel Ehpad de Lormont sera livré dans quelques semaines et pourra accueillir plusieurs résidents. Aucune famille ne sera abandonnée et aucun résident ne sera laissé sans solution. »
Concernant les agents, l'établissement précise que des solutions de reclassement et de mobilité seront proposées au sein du CHU de Bordeaux et plus particulièrement sur le même site géographique que l'Ehpad, avec un suivi individualisé. Des postes sont notamment à pourvoir afin de renforcer les équipes des services de gériatrie du CHU.



