Montpellier : un projet de village de transition durable divise riverains et municipalité
Village de transition à Montpellier : les riverains s'opposent

Un projet municipal contesté dans le quartier Croix d'Argent

La municipalité de Montpellier envisage la création d'un village de transition durable sur une parcelle de 2 500 m² située chemin de Poutingon, à proximité immédiate de l'hôtel des ventes et face à l'école Beethoven dans le quartier Croix d'Argent. Ce projet, validé par une délibération en avril dernier, prévoit l'installation d'environ seize unités de logement pouvant accueillir près de cinquante-cinq personnes. L'objectif affiché est de participer à la résorption des bidonvilles en offrant un habitat temporaire permettant aux familles de se stabiliser avant d'accéder à un logement permanent.

Les riverains dénoncent une implantation inappropriée

L'association des riverains du chemin de Poutingon, représentée par François-Louis Meynot, Stéphane Marmonier et Jean-Marc Huillard, exprime une opposition ferme à ce projet. Dans un courrier adressé au maire Michaël Delafosse, ils soulignent que le site se trouve "dans un environnement résidentiel immédiat et face à un établissement scolaire", le jugeant totalement inadapté. "Nous ne sommes pas contre la suppression des bidonvilles, mais ce lieu n'est pas approprié", insistent les membres de l'association, qui regrettent n'avoir reçu aucune réponse à leurs interrogations.

Une absence de concertation pointée du doigt

Les habitants dénoncent avec véhémence le manque total de consultation lors de l'étude et de la validation du site. "Il n'y a eu aucune réunion publique. Même le comité de quartier n'était pas informé", affirme Stéphane Marmonier. Bernard Causse, ancien propriétaire de la parcelle aujourd'hui vendue à la municipalité et propriétaire des animaux qui y paissent, confie : "C'est lui qui m'a prévenu, sinon je n'étais au courant de rien". Les riverains attendent désormais un retour de la Ville pour discuter du projet et proposer des alternatives, comme la création d'une maison de quartier.

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La Ville défend son approche et ses précédents

Contactée, la Ville de Montpellier précise que le site du chemin de Poutingon n'est qu'une "option de travail" parmi d'autres. Elle rappelle son engagement dans un plan de résorption des bidonvilles avec l'État et souligne que les villages de transition visent à accompagner les résidents vers un habitat digne. "La stabilisation de leur habitat leur permet de se mobiliser sur leur insertion professionnelle, leur formation, la scolarisation de leurs enfants", explique-t-elle. La municipalité s'appuie sur des expériences passées jugées positives, comme le village de transition de La Rauze (2022-2024) ou l'ancienne auberge de jeunesse de la rue des Écoles Laïques, où huit familles ont emménagé à l'été 2025, affirmant que ces installations n'ont eu "aucun impact sur les autres habitants de ces quartiers".

Un paysage champêtre menacé

Actuellement, la petite prairie du chemin de Poutingon offre un cadre bucolique avec ses oies, chevaux et chèvres qui gambadent librement, à quelques dizaines de mètres seulement de l'hôtel des ventes. Cette scène champêtre, appréciée des riverains, pourrait disparaître dans les prochains mois si le projet municipal se concrétise, symbolisant le conflit entre développement social urbain et préservation du cadre de vie local.

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