Sète : un locataire lutte depuis des années contre les infiltrations dans son appartement
Sète : un locataire en lutte contre les infiltrations depuis des années

Un Sétois en lutte permanente contre les infiltrations dans son logement

Laurent Dauvin, locataire d'un appartement de 30 m² situé sous les toits rue de la Fraternité à Sète, vit depuis des années avec des infiltrations d'eau récurrentes qui transforment son quotidien en véritable calvaire. À chaque épisode de fortes pluies, comme ceux survenus ces dernières semaines, son logement se remplit d'eau, l'obligeant à multiplier les bassines aux quatre coins de son espace de vie.

Une situation qui perdure malgré les démarches

Le locataire est entré dans les lieux en 2013 et a signalé les premiers problèmes d'infiltration dès 2015. Malgré des travaux réalisés en 2023 dans le cadre de l'Opah-ru (programme d'amélioration de l'habitat) sur les parties communes, pour un montant total de 120 000 euros dont 15 000 euros consacrés à la toiture, les fuites persistent. Des arrêtés préfectoraux, dont un interdisant l'habitation, n'ont pas suffi à résoudre le problème.

La situation s'est même aggravée avec l'apparition de fissures et une poutre qui menace désormais de s'effondrer. "J'ai encore dégusté !", confie Laurent Dauvin, évoquant les récentes intempéries. Entre novembre et février dernier, il a signalé plusieurs dégâts des eaux à son assurance, sans compter l'humidité omniprésente et les risques d'incendie liés aux installations électriques défaillantes.

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L'imbroglio judiciaire qui s'éternise

En 2024, le tribunal a accordé à Laurent Dauvin un préjudice de jouissance de 3 000 euros à titre provisionnel et a ordonné une expertise judiciaire du logement, devant être rendue avant le 30 juin 2025. Si une partie de cette expertise a été réalisée en mai 2025, le rapport complet n'a toujours pas été transmis à ce jour. L'expertise de la partie électrique, promise par la spécialiste mandatée, n'a pas non plus été effectuée.

Me Nicolas Gallon, l'avocat de Laurent Dauvin, a formulé une nouvelle demande d'expertise auprès du juge, constatant "le dysfonctionnement de l'institution judiciaire lié à une expertise judiciaire ordonnée il y a plus d'un an et qui n'avance pas". L'avocat a demandé 300 euros mensuels de préjudice de jouissance à compter de juillet 2020 pour son client, montant qui devra être évalué définitivement en fonction des résultats de l'expertise.

Des travaux insuffisants et des attentes interminables

La propriétaire a effectué certains travaux, notamment le changement de la fenêtre de toit, mais selon le collectif du logement, il s'agit d'"un emplâtre sur une jambe de bois". La toiture, source principale des infiltrations, n'a pas été traitée. La propriétaire se serait engagée à mener sa propre expertise de la toiture et a mis en demeure le syndic en juillet dernier pour que les travaux soient enfin mis en œuvre.

En attendant, Laurent Dauvin "tourne en rond et je dois en plus tout gérer. Ça fait 13 ans que je suis dans cet appartement. J'ai redemandé il y a quelques mois un logement social mais j'attends toujours…", se désespère le Sétois. L'absence d'expertise complète empêche toujours l'évaluation définitive de son préjudice de jouissance, prolongeant ainsi une situation d'insalubrité qui dure depuis plus d'une décennie.

Ce cas illustre les difficultés rencontrées par de nombreux locataires face à des problèmes de logement qui s'éternisent dans des procédures administratives et judiciaires complexes, malgré l'existence de dispositifs d'aide et de réglementations censées protéger les occupants.

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