Saint-Tropez : l'opposition interpelle la maire sur la politique du logement et les meublés touristiques
Saint-Tropez : débat municipal sur le logement et les meublés touristiques

Un conseil municipal apaisé mais des questions pressantes sur le logement

À Saint-Tropez, l'atmosphère était inhabituellement calme lors de la dernière séance du conseil municipal. Les délibérations ont été peu débattues, laissant supposer un possible apaisement après des décennies de tensions entre majorité et opposition. Cependant, cette apparente sérénité n'a pas empêché Jean-Baptiste Giordana, ancien chef de file de la liste « Un nouvel espoir », d'exercer pleinement son rôle d'opposant en interpellant la maire Sylvie Siri sur plusieurs sujets cruciaux.

La question centrale du logement et des outils réglementaires

Lors d'une série de questions orales présentées mardi à l'hôtel de ville, Giordana a d'abord abordé la problématique de l'offre locative. « Vous indiquez dans votre programme vouloir mobiliser les outils issus de la loi Le Meur pour répondre à la crise du logement », a-t-il rappelé à la première magistrate. « Cette loi offre désormais aux communes un panel de leviers très concrets pour réguler les meublés touristiques et préserver les résidences principales », a-t-il précisé, soulignant l'importance de ces mesures pour permettre aux jeunes actifs de se loger et diminuer la pression immobilière spéculative.

Le conseiller d'opposition a ensuite demandé des clarifications essentielles : « Faites-vous le choix d'utiliser l'ensemble des outils contraignants permis par la loi Le Meur ? Limitez-vous votre action à certaines mesures ? Si oui, lesquelles ? » Ces interrogations faisaient directement écho aux priorités annoncées par la maire lors du conseil municipal du 20 mars 2026, où elle avait affirmé vouloir « permettre aux Tropéziens de vivre ici à l'année » grâce à une politique volontariste en faveur du logement.

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La réponse de la maire : une politique déjà engagée

Face à ce questionnement précis, Sylvie Siri a défendu son bilan avec fermeté. « On ne s'est pas réveillé avec la loi Le Meur ! », a-t-elle affirmé, rappelant que dès son arrivée en 2021, elle avait mis en place un programme d'investissement de logements en faveur des actifs tropéziens et des seniors. La première magistrate a ensuite énuméré les différentes réalisations de son premier mandat :

  • La maison Louis Blanc
  • La création de la villa Pisane
  • Les 12 logements prévus à la Tivole (portés par CDC Habitat)
  • Les 36 appartements programmés avec le bail réel solidaire (BRS) au Cercle naval

Concernant spécifiquement la loi Le Meur, Sylvie Siri l'a décrite comme « une boîte à outils supplémentaire à la disposition des communes ». « Comme toute collectivité responsable, nous examinons ses dispositifs avec sérieux, en retenant ce qui est adapté à la réalité tropézienne », a-t-elle expliqué, citant plusieurs applications concrètes déjà mises en œuvre.

La régulation des meublés touristiques en question

Sur le sujet épineux des meublés touristiques, la municipalité a commandé une étude qui devrait déboucher sur un projet de délibération. « En fonction de l'évolution de la situation, nous proposerons des mesures pour réguler, compenser ou restreindre les nouveaux meublés du tourisme », a annoncé la maire, précisant que cette attention serait particulièrement accrue « quand il s'agira d'immeuble entier à la vente ».

Cependant, Sylvie Siri a tenu à nuancer cette approche : « Réduire la politique de logement à une seule question de régulation des meublés touristiques est largement insuffisant ». Selon elle, « le véritable enjeu est de produire des logements accessibles et adaptés aux besoins des Tropéziens ».

Un désaccord persistant sur les objectifs démographiques

L'échange s'est poursuivi sur la question des objectifs démographiques, avec Jean-Baptiste Giordana demandant si la municipalité avait « un objectif démographique en nombre par tranches d'âges et en globalité à la fin du mandat et à horizon 2040 ».

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La réponse de la maire a été sans équivoque : « Cette demande traduit une vision théorique et déconnectée des réalités locales ». Pour Sylvie Siri, « Saint-Tropez ne se pilote pas par des quotas abstraits mais par une politique d'équilibre » qui inclut le maintien de la population permanente, le soutien aux actifs, la préservation du cadre de vie et l'adaptation progressive aux évolutions du territoire.

Une position qui n'a pas convaincu son opposant : « On a une baisse de moins 3 % de la population et ça continue. Donc oui, avoir un but, c'est important », a rétorqué Giordana. À quoi la première édile a répliqué : « Mais justement nous l'avons et nous employons tous nos outils ».

Malgré l'atmosphère plus apaisée de ce conseil municipal, cet échange révèle que les divergences fondamentales persistent sur la politique du logement à Saint-Tropez, entre une opposition qui réclame des mesures plus contraignantes et une majorité qui défend une approche équilibrée et pragmatique.