Un amphithéâtre comble pour le grand oral écologique des municipales montpelliéraines
Ce jeudi soir, la faculté de Richter a accueilli un événement politique majeur dans la perspective des élections municipales de 2026 à Montpellier. L'association apartisane Les Shifters, spécialisée dans les questions de transition écologique, avait convié huit candidats ou leurs représentants à un "grand oral" devant un amphithéâtre rempli de 250 personnes. L'objectif était clair : interroger les prétendants à la mairie sur leurs propositions concrètes pour lutter contre le réchauffement climatique au niveau local.
Transports : entre consensus sur les TC et divergences sur la voiture
La première thématique abordée concernait les mobilités. Une majorité des intervenants – Stéphanie Jannin, Isabelle Perrein, Nathalie Oziol, Jean-Louis Roumégas et Michaël Delafosse – ont plaidé pour un renforcement significatif de l'offre de transports en commun. Ils ont insisté sur la nécessité d'un maillage plus fin des quartiers et des communes avoisinantes, notamment par le développement des voies ferroviaires. Seule voix discordante, celle d'Alex Frederiksen, représentant du Rassemblement national, qui a déclaré : "Il faut rétablir à la voiture une place dans la ville".
Les divergences se sont accentuées sur les projets d'infrastructures routières. Nathalie Oziol a qualifié le LIEN et le COM de "projets écocides", estimant que ce dernier représentait "une aberration environnementale". Jean-Louis Roumégas a abondé dans ce sens, affirmant qu'il s'agissait d'"un projet autoroutier qui ne résoudra pas les problèmes de déplacements dans la Métropole". En réponse, Stéphanie Jannin a proposé un nouveau plan de circulation organisé autour de six portes d'entrée pour rabattre les flux.
Logement : rénovation énergétique et réquisitions au cœur des débats
Sur le chapitre crucial du logement, plusieurs candidats – Isabelle Perrein, Max Muller, Thierry Tsagalos et Michaël Delafosse – ont annoncé leur intention d'engager un vaste plan de rénovation énergétique des bâtiments publics municipaux et métropolitains. Le maire sortant, Michaël Delafosse, a mis en avant les résultats déjà obtenus : "Il faut poursuivre les efforts sur les logements sociaux, 2 306 appartements sont passés des normes F ou G à A ou B".
Stéphanie Jannin a, quant à elle, proposé une "ingénierie nouvelle" permettant aux copropriétés privées de bénéficier de surélévations. Des propositions plus radicales ont également émergé. Nathalie Oziol a préconisé de "se doter d'un outil pour pouvoir réquisitionner les logements vacants". Elle a, comme Jean-Louis Roumégas, plaidé pour la création d'une régie publique de l'énergie afin d'assurer "des prix stables" aux habitants.
Ressources et démocratie : des visions contrastées pour l'avenir de Montpellier
La troisième question des Shifters portait sur les conflits d'usage et le partage des ressources. Michaël Delafosse a mis l'accent sur "la protection de la ressource en eau" via la lutte contre les fuites du réseau et le "déploiement massif des réseaux de chaleur". Nathalie Oziol a insisté sur la nécessité de "sortir des énergies fossiles" en donnant la priorité au solaire. Stéphanie Jannin a appelé à faire de Montpellier "une capitale du solaire" avec un développement massif du photovoltaïque.
Isabelle Perrein a, pour sa part, misé sur les chaudières à bois et "la réutilisation des eaux grises" pour l'arrosage. Alex Frederiksen a avancé l'idée de "créer des retenues d'eau hivernale". Lors des conclusions, la question démocratique a pris une place centrale. Isabelle Perrein a vivement critiqué le choix de la métropole concernant la filière CSR (Combustible Solide de Récupération), s'interrogeant : "Le successeur de Michaël Delafosse aura-t-il la capacité d'arrêter cette chaudière ?".
Nathalie Oziol a estimé qu'il fallait "reprendre tout le processus" sur le traitement des déchets, tandis que Max Muller a parlé d'une "bombe sanitaire". Jean-Louis Roumégas a promis de porter "une pratique démocratique locale réinventée". Thierry Tsagalos a observé : "On veut plus de transparence. La transition écologique ne peut pas être imposée verticalement". Cible de nombreuses critiques, Michaël Delafosse a assumé "les mécontentements", affirmant : "La trajectoire c'est poursuivre. La transition écologique c'est le courage du volontarisme".
Cet événement a ainsi révélé à la fois un consensus sur l'urgence d'agir pour le climat et des divergences profondes sur les moyens à mettre en œuvre. Les huit participants – ou leurs représentants – ont démontré que la transition écologique sera un enjeu central de la campagne municipale de 2026 à Montpellier.



