Une mobilisation citoyenne face à l'urgence du logement à Montpellier
Ce jeudi 2 avril, à 17h30, une vente de gâteaux organisée devant l'école Condorcet de Boutonnet à Montpellier a rassemblé parents d'élèves et bénévoles. Cette initiative solidaire vise à soutenir une mère de famille et ses deux enfants âgés de 6 et 8 ans, dont l'un présente un handicap, tous scolarisés dans cet établissement. Depuis janvier dernier, cette famille se retrouve sans solution de logement stable, malgré des démarches administratives répétées.
Une chaîne de solidarité face aux carences institutionnelles
"Depuis janvier, leur mère sollicite sans succès les dispositifs d'urgence", déplore Monique Demanque, co-porte-parole de l'association "Une École en Avenir", à l'origine du collectif "Un Tour en Avenir". Ce collectif regroupe plusieurs organisations dont la Cimade, RESF, la FCPE, Sud, la LDH, Welcome et Sud. "Elle appelle régulièrement le 115, répond à toutes les demandes administratives et se rend aux rendez-vous. Pourtant, aucune solution d'hébergement stable ne lui a été proposée", ajoute-t-elle.
Face à cette impasse, les parents d'élèves de l'école Condorcet et des bénévoles associatifs ont pris les choses en main. En janvier, ils ont déjà récolté 285 euros lors d'une première collecte. Murielle Kosman, également co-porte-parole de l'association, retrace le parcours chaotique de cette famille : "Cette maman, qui était logée de façon précaire chez une cousine, a successivement été hébergée en hôtel, chez des parents d'élèves, puis une grand-mère, puis une amie."
Une situation critique qui nécessite des solutions immédiates
"Aujourd'hui, toutes les solutions solidaires sont à bout de souffle", alerte Murielle Kosman. "Il faut trouver en urgence plus de 300 euros pour payer des nuitées à raison de 45 euros chacune dans un Airbnb. Nous avons le financement assuré jusqu'à dimanche, mais pas au-delà." Une cagnotte en ligne a été mise en place pour recueillir des dons supplémentaires.
Le collectif "Un toit, un avenir" souligne que "cette situation révèle une carence grave des pouvoirs publics dans l'application du droit à l'hébergement d'urgence, pourtant inconditionnel". Murielle Kosman rappelle que "des demandes ont été formulées auprès du Département, de la Ville, du CCAS… On a eu de très belles promesses pendant la campagne électorale, avec la mise en place d'un guichet unique. Il faut maintenant que ça se concrétise."
Un problème systémique à Montpellier
"Concernant la maman de l'école Condorcet, le fait de ne pas avoir de solution pour elle est d'autant plus incompréhensible que sa situation administrative ne pose aucun problème", insiste le collectif. Cette situation n'est malheureusement pas isolée à Montpellier. Avec la fin de la trêve hivernale, plusieurs dizaines de familles risquent de se retrouver sans toit dans la ville.
"Il y a notamment une maman avec sa fille de 4 ans à l'école Louise-Michel, un papa avec son enfant de 15 ans au collège Gérard-Philippe…", énumèrent les militants. "Un toit un avenir" espère que sa mobilisation actuelle connaîtra le même succès qu'il y a un an, lorsqu'une action similaire avait permis de trouver une solution pour une famille dont l'enfant était scolarisé à l'école Jules-Verne des Beaux-Arts, située à quelques encablures seulement de l'école Condorcet.
Cette mobilisation citoyenne met en lumière les lacunes persistantes des dispositifs d'urgence et la nécessité d'une réponse institutionnelle plus efficace face à la précarité résidentielle qui touche de nombreuses familles montpelliéraines.



