Un tiers des étudiants confronté au mal-logement : une réalité alarmante
L'enquête Logement 2026 de la Fédération des associations générales étudiantes (Fage), dévoilée mardi par franceinfo, dresse un constat sévère sur les conditions de vie des étudiants en France. Les chiffres sont éloquents : un étudiant sur trois vit actuellement en situation de mal-logement, une proportion qui illustre l'ampleur d'une crise qui s'aggrave d'année en année.
Des logements insalubres qui menacent la santé
La précarité étudiante a changé de visage selon la Fage : elle suinte désormais sur les murs. L'étude révèle que plus de 4 étudiants sur 10 (41,5%) occupent des logements souffrant d'importants problèmes thermiques sans réponse adaptée. Les détails sont préoccupants :
- 18,3% des logements présentent des moisissures
- 13,3% sont infestés de nuisibles
- 16,5% ont subi des dégâts des eaux
- 1,2% contiennent des composants dangereux
Au-delà de l'inconfort, ces conditions portent atteinte à la santé et à l'avenir des étudiants, alerte la Fédération dans son rapport.
Des conditions d'étude gravement détériorées
Le logement, censé être un refuge pour les études, devient souvent un obstacle majeur. Les problèmes thermiques transforment les appartements en fournaises l'été et en glacières l'hiver. À ces difficultés s'ajoutent :
- Des nuisances sonores pour 35,3% des étudiants
- L'absence de connexion internet stable pour 32,9%
- Un manque d'intimité pour 16%
Les conséquences sur la vie étudiante sont dramatiques : 25,2% ne peuvent pas travailler au calme, 17,2% dorment mal ou renoncent à cuisiner correctement, et 12,1% ne peuvent prendre soin de leur hygiène dignement.
De la précarité à la pauvreté étudiante
Le logement engloutit en moyenne 50% du budget étudiant, avec un loyer moyen de 491 euros (712 euros à Paris). Une charge très difficile à assumer qui conditionne toutes les autres dépenses : alimentation, santé, etc. deviennent des variables d'ajustement.
La situation est telle que plus d'un étudiant sur cinq (22,29%) vit avec moins de 100 euros par mois après avoir payé uniquement son loyer. Pour la Fage, on ne parle plus de précarité étudiante mais bien de pauvreté étudiante. Un étudiant sur deux doit donc se salarier en parallèle de ses études pour pouvoir payer son logement.
Le logement social : un rempart insuffisant
La Fage rappelle que le logement social étudiant géré par les Crous constitue un rempart contre les inégalités. Mais faute de places suffisantes, nombre d'étudiants se tournent vers le parc privé, où l'écart de loyer dépasse 200 euros mensuels - soit plus d'un mois de courses alimentaires.
Les revendications urgentes de la Fage
Face à cette urgence sociale, la Fédération réclame des mesures immédiates :
- La rénovation immédiate des bâtiments insalubres
- Un relogement systématique, sans frais supplémentaires, pour les étudiants concernés
- Le renforcement des contrôles et des sanctions envers les bailleurs défaillants
- Une augmentation massive de l'offre de logements sociaux étudiants
- Une régulation du parc privé, notamment par l'encadrement des loyers
L'objectif affiché est de garantir un accès abordable, digne et équitable au logement, comme condition indispensable à l'égalité des chances. La Fage appelle enfin à des aides universelles et à la hauteur et à la revalorisation du montant des bourses étudiantes qui ne couvrent actuellement pas même le simple loyer d'un étudiant.
Méthodologie de l'enquête
L'enquête a été menée du 5 janvier au 5 février auprès de 5 644 étudiants, afin de dresser un état des lieux précis des conditions d'accès au logement pour les étudiants sur l'ensemble du territoire. Un travail qui vise à mesurer l'évolution d'un poste de dépense devenu, pour beaucoup, le premier facteur d'angoisse dans la vie étudiante contemporaine.



