Logement à Royan : un enjeu électoral majeur aux approches contrastées
À l'approche des élections municipales des 15 et 22 mars, la question du logement s'impose comme un thème central dans la campagne royannaise. Les quatre candidats en lice proposent des visions divergentes pour répondre à cette problématique cruciale, particulièrement aiguë dans les communes littorales comme Royan.
Une pression accrue sur le littoral
Grand sujet national, la question du logement prend une dimension exacerbée dans les communes côtières. Par leur attractivité touristique, ces territoires subissent une pression immobilière intense, avec la multiplication des hébergements saisonniers lucratifs. À cette pression s'ajoutent les désirs d'installation d'une population retraitée, rendant l'accès au logement à l'année particulièrement difficile pour les actifs aux revenus modestes.
Royan, qui doit atteindre 25% de logements sociaux au titre de la loi SRU, n'en compte actuellement qu'environ 13% malgré une douzaine d'années de constructions. Cette situation insuffisante au regard des exigences étatiques pose la question des stratégies à adopter pour l'avenir.
Patrick Marengo : poursuivre la production de logements sociaux
Le maire sortant Patrick Marengo (Avec vous pour Royan - Les Républicains) considère le logement comme « un véritable enjeu », notamment pour permettre aux 4 500 personnes travaillant à Royan mais n'y habitant pas de s'y installer. « Il faut que les jeunes couples actifs puissent acheter à Royan ! » insiste-t-il.
Il reconnaît l'obligation de produire des logements sociaux et souligne que « beaucoup de programmes sont lancés », avec un potentiel foncier encore disponible dans le secteur nord-ouest de la commune. Marengo prône une maîtrise foncière primordiale et envisage une étude numérisée pour déterminer les hauteurs de construction possibles sans défigurer la ville, avec consultation des habitants pour chaque grand projet immobilier.
Nicolas Calbrix : sortir du « piège » de la loi SRU
Nicolas Calbrix (Royan Renouveau - Rassemblement national) affirme vouloir « sortir du piège de la loi SRU » et ne pas suivre les injonctions préfectorales. Il propose de réexaminer tous les projets en cours et de baisser la part de logement social de 60% à 30% dans ces programmes.
Le candidat défend l'application d'une priorité locale pour les logements sociaux, favorisant les Royannais et ceux qui travaillent dans la commune. En contrepartie, il souhaite libérer la construction pour les particuliers et promoteurs, tout en arrêtant « cette guerre contre les résidents secondaires » et en proposant des incitations fiscales pour la mise en location de leurs biens.
Thomas Lafarie : réguler le tourisme pour favoriser l'habitat permanent
Thomas Lafarie (Royan Nouvel'R - divers centre) soutient le projet de Maison de l'habitat porté par la Communauté d'agglomération Royan Atlantique et souhaite son implantation à Royan. Sa mesure phare consiste à réduire à trois meublés de tourisme par foyer fiscal pour limiter les « industriels » de la location saisonnière.
Cette mesure, pour être efficace, devra selon lui s'appliquer à toutes les communes du Pays royannais, sur le modèle de ce qui a été fait aux Sables-d'Olonne ou dans le Pays basque. Parallèlement, il estime que « Royan doit rester dans la dynamique de construction qu'on connaît » et confierait cette délégation à un adjoint plutôt qu'à un simple conseiller délégué.
Jacques Guiard : une politique ambitieuse de logements aidés
Jacques Guiard (Royan à gauche - Parti communiste, Parti socialiste, Génération Écologie, Les Écologistes) place le logement locatif social parmi ses priorités, avec l'emploi et la formation, pour « favoriser l'installation de jeunes actifs ».
Il propose plusieurs leviers : une politique ambitieuse de production de logements aidés, une modification du plan local d'urbanisme pour mieux répartir ces logements dans toute la ville, et l'utilisation du droit de préemption municipal pour constituer un parc de logements en cœur de ville géré par la Ville ou l'intercommunalité. Il souhaite également étendre à toute la commune la disposition de la loi Le Meur qui oblige l'affectation de nouveaux logements à l'habitat principal.
Ces quatre approches contrastées illustrent les divergences profondes qui traversent le débat sur le logement à Royan, entre respect des obligations légales, régulation du marché touristique et priorité donnée aux habitants permanents, dans un contexte de pression immobilière particulièrement forte sur le littoral.



