Après un incendie, une mère et son fils contraints de dormir dans une cave à Montpellier
Incendie : une mère et son fils dorment dans une cave à Montpellier

Une mère et son fils survivent dans une cave après un incendie dévastateur

Dans le quartier Petit Bard à Montpellier, Nakkaba et son fils Dalid, treize ans, vivent un cauchemar depuis l'incendie qui a ravagé leur appartement le 20 mars dernier. Délogés de leur logement et sans solution d'hébergement stable, ils ont trouvé refuge dans la cave de leur immeuble, un espace sombre et étouffant où ils tentent de recréer un semblant de normalité.

Un quotidien marqué par la précarité et l'improvisation

Chaque matin, Nakkaba et Dalid se rendent au "Café royal", situé à deux cents mètres de leur résidence, pour prendre leur petit-déjeuner et profiter de la lumière naturelle. "On vient prendre l'air parce qu'au débarras, on étouffe au sous-sol", explique Nakkaba, âgée de trente-sept ans, inquiète de voir son enfant tousser de plus en plus fréquemment. Le collégien, traumatisé par la perte de ses affaires et l'odeur persistante de fumée, refuse désormais d'aller à l'école.

Dans la cave, Nakkaba a aménagé des espaces de vie rudimentaires : un coin devoir, un coin toilette et un coin cuisine. Pour éviter de salir le sol, elle a installé une chaise de camping sur des planches en bois récupérées dans la rue. "C'est pour que Dalid puisse enlever ses chaussures. Chaque jour, j'ai de nouvelles idées pour améliorer notre situation", se rassure-t-elle, tout en avouant sa détresse.

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Des démarches administratives complexes et un espoir limité

Après l'incendie, causé par une bougie laissée par négligence, l'appartement a été déclaré inhabitable. La propriétaire, reconnue comme victime par la loi, a résilié le bail, ne tenant pas à reloger sa locataire. Nakkaba et son fils ont dû rendre les clés et se retrouvent désormais sans logement.

La veuve multiplie les démarches administratives, accompagnée par les services sociaux et des associations. Elle tente de renouveler sa carte de séjour, indispensable pour demander un logement social, mais les procédures sont longues et fastidieuses. "Le 115, c'est mon seul espoir. J'appelle à l'ouverture, mais on me dit qu'il n'y a plus de place et de rappeler le lendemain", confie-t-elle, désemparée.

Une solidarité locale limitée face à l'urgence

Certains voisins et parents du club de football où s'entraîne Dalid ont fait preuve de solidarité en offrant des vêtements, des douches ou des nuits d'hébergement. Cependant, ces gestes restent ponctuels et ne suffisent pas à résoudre la situation critique de la famille.

Nakkaba se rend régulièrement au Secours populaire pour acheter de quoi subsister, avec un budget de deux ou trois euros par jour. Elle décrit un quotidien rythmé par l'angoisse, notamment à cause du bruit des sacs-poubelle qui tombent dans le local voisin. Pour se protéger, elle bloque l'entrée de la cave avec une grille en fer et des draps, la porte étant impossible à fermer de l'intérieur.

Un avenir incertain pour un enfant déterminé

Malgré les difficultés, Nakkaba reste déterminée à préserver l'avenir de son fils. Dalid rêve de devenir vétérinaire et insiste pour poursuivre ses études à Montpellier. "L'assistante sociale a évoqué la possibilité d'un logement à Béziers, mais c'est trop compliqué avec le collège. Cet accident ne doit pas gâcher son projet", affirme Nakkaba.

Isolée et sans véritable soutien, à part Omar, le patron du "Café royal", Nakkaba s'accroche à l'espoir de retrouver un logement décent. "Je m'ennuie, je suis impatiente de me réveiller avec la lumière", confie-t-elle, assise sur la terrasse ensoleillée du café, observant les passants avec mélancolie. En attendant, elle et son fils continuent de survivre dans l'obscurité de la cave, en quête d'une issue à leur calvaire.

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