Le ministre du Logement veut expulser les délinquants des HLM et renforcer la lutte contre le squat
Expulsion des délinquants des HLM et lutte contre le squat renforcée

Le ministre du Logement durcit le ton contre la délinquance dans les HLM

Le ministre de la Ville et du Logement, Vincent Jeanbrun, a annoncé jeudi 30 octobre 2025 sa volonté d'élargir significativement les mesures d'expulsion des locataires de logements sociaux impliqués dans des activités délinquantes. Lors d'une intervention sur CNews/Europe 1, le ministre a déclaré vouloir étendre les dispositions de la loi narcotrafic adoptée en avril, qui permet actuellement aux préfets de saisir un juge pour expulser les personnes dont les agissements liés au trafic de stupéfiants troublent l'ordre public.

Une extension au-delà du seul narcotrafic

Vincent Jeanbrun souhaite que ces mesures s'appliquent également à d'autres formes de délinquance, citant explicitement les cas de vol de voitures répétés, de dégradation de matériel ou de menaces. "Quand on trafique, quand on est un voyou, je pense qu'on perd le droit à cette solidarité nationale", a-t-il affirmé, assumant pleinement que cette politique pourrait conduire à l'expulsion de familles entières.

Le ministre justifie cette position en rappelant que le logement social représente une forme de solidarité nationale destinée aux familles qui n'ont pas les moyens de se loger dans le secteur privé. Selon lui, cette solidarité ne saurait bénéficier à ceux qui enfreignent gravement la loi.

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Renforcement de la lutte contre le squat

Parallèlement, Vincent Jeanbrun a exprimé sa détermination à combler ce qu'il qualifie d'"angle mort" dans la législation actuelle sur le squat. Malgré la loi de 2023 portée par l'ancien ministre Guillaume Kasbarian, le ministre estime que des failles persistent, notamment lorsque des personnes entrent légalement dans un logement avant d'en devenir des occupants illégaux.

"Si la personne rentre légalement dans le domicile, on est obligé de passer par le juge, ça prend du temps, la trêve hivernale s'applique", a-t-il expliqué, évoquant les difficultés rencontrées par les propriétaires dans ce type de situations. Le ministre, suspendu par son parti Les Républicains après son entrée au gouvernement, compte lancer des travaux législatifs avec les parlementaires pour corriger cette "faille juridique" et mieux protéger les propriétaires.

Un phénomène marginal mais récurrent dans le débat public

Le squat reste une préoccupation majeure pour de nombreux propriétaires, avec des cas d'occupation illégale de logements loués via des plateformes touristiques ayant défrayé la chronique cet été. Pourtant, les données officielles montrent que le phénomène reste quantitativement limité.

Selon une note ministérielle d'août 2024 consultée par Le Figaro, seulement 432 demandes d'expulsion ont été enregistrées entre septembre 2023 et mai 2024, par 27 des 96 préfets français. Ces chiffres contrastent fortement avec les 350 000 personnes sans domicile recensées en 2024 par la Fondation pour le logement des défavorisés, tandis que l'Insee comptabilisait 3,1 millions de logements vacants l'année précédente.

Cette annonce du ministre s'inscrit dans un contexte plus large de durcissement des politiques concernant le logement social et la lutte contre la délinquance. Elle intervient alors que d'autres propositions, comme la suspension des allocations familiales en cas d'absentéisme scolaire ou l'attribution des logements sociaux par les mairies, font également débat dans l'espace public.

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