Expulsion annulée : Maricarmen Abascal retrouve son appartement à Madrid
Expulsion annulée : Maricarmen Abascal rentre chez elle

Maricarmen Abascal, 87 ans, expulsée de son appartement à Madrid après une hausse de loyer de 275 %, va pouvoir y retourner grâce à un accord conclu avec les propriétaires, a annoncé son avocate Beatriz Duro lundi. L'accord prévoit un loyer « similaire à ce qu'elle payait auparavant », selon l'avocate, qui voit dans cette issue « le résultat de la mobilisation sociale ».

Un accord après une mobilisation nationale

« Si l'accord que nous avons conclu est signé, ce sera évidemment une issue meilleure et plus heureuse pour tout le monde », a déclaré Beatriz Duro aux journalistes. Elle a ajouté : « Espérons que cet accord, cette manière différente de mettre fin à ce type de situations, qui malheureusement se vivent tous les jours dans ce pays, contribue à changer le paradigme en matière de logement en général. »

Selon le Syndicat des locataires de Madrid, Maricarmen Abascal a été contrainte de quitter le logement où elle vivait depuis 70 ans après que la société immobilière propriétaire a augmenté le loyer mensuel de 275 %, le portant à 2 650 euros (3 000 dollars). L'expulsion de la retraitée, qui vit avec un handicap, a déclenché des manifestations à l'échelle nationale contre la crise du logement en Espagne.

Retour à l'appartement après l'hôpital

Maricarmen Abascal pourra retourner dans son appartement du quartier huppé du Retiro, à Madrid, après sa sortie de l'hôpital, où elle est soignée pour épuisement, a précisé Beatriz Duro. L'avocate a indiqué qu'il y avait eu « de la bonne volonté des deux parties » et que l'objectif était « d'accélérer les démarches ».

Après deux nuits à camper dans le centre de Madrid, les militants pour le logement entendent « maintenir la pression » sur le gouvernement du Premier ministre socialiste Pedro Sánchez, auquel ils réclament une nouvelle loi plus protectrice, sur fond d'explosion des prix en Espagne.

Une nouvelle loi réclamée

Le Premier ministre, vivement critiqué jusque dans son camp pour ne pas avoir réussi à contenir la hausse des prix à l'achat et à la location depuis son arrivée au pouvoir en 2018, doit présenter mardi un nouveau texte, sans garantie toutefois de le voir adopté au Parlement, où il n'a pas de majorité. L'accord trouvé pour Maricarmen Abascal pourrait servir d'exemple, selon son avocate, pour résoudre d'autres situations similaires dans le pays.