Bayonne : la bataille du logement social au cœur de la campagne municipale
Bayonne : le logement social, enjeu clé des municipales

Bayonne : la question du logement social divise les candidats aux municipales

Alors que la campagne électorale entre dans une phase décisive, les cinq prétendants au fauteuil de maire de Bayonne confrontent leurs visions sur le logement social, un enjeu crucial pour cette ville du Pays basque. Accélérer la production, promouvoir l’habitat participatif, rénover les biens immobiliers vacants… Les propositions sont variées, voire opposées, reflétant des approches politiques distinctes.

Une situation contrastée malgré des chiffres encourageants

Bayonne se distingue comme une commune exemplaire en matière de logement social, étant la seule du Pays basque à respecter et même dépasser le taux minimum de 25 % imposé par la loi SRU. En 2025, la cité de 55 600 habitants comptait 27 % de logements sociaux, soit 6 472 unités sur l’ensemble de son parc. Cependant, cette performance ne suffit pas à répondre à la demande croissante.

Plus de 4 500 ménages sont inscrits sur la liste d’attente, une situation exacerbée par la vitalité démographique de Bayonne, avec 4 360 nouveaux résidents en six ans, des prix de l’immobilier élevés et une raréfaction du foncier. Ainsi, la question d’un toit à un prix décent est devenue un thème central de la campagne municipale.

Bannière large Pickt — app de listes de courses collaboratives pour Telegram

Les propositions des candidats : des visions divergentes

Jean-René Etchegaray (Renaissance), le maire sortant, défend une politique de mixité sociale et de réhabilitation. Il met en avant des réalisations comme la rénovation de 70 immeubles depuis 2018 et des investissements de 120 millions d’euros pour moderniser le parc social. Son objectif est de maintenir le taux de logements sociaux à 27 % et de favoriser l’accession à la propriété via le Bail réel solidaire (BRS).

Henri Etcheto (liste de gauche) critique l’inaction de la municipalité sortante et propose de renouveler la ville sur elle-même, en utilisant des friches urbaines comme celle du quai de Lesseps. Il souhaite aussi améliorer la qualité des logements sociaux et mettre en place un conventionnement avec les petits bailleurs privés pour élargir l’offre locative.

Jean-Claude Iriart (EH Bai) plaide pour une augmentation significative de l’offre de logements locatifs sociaux. Il propose de modifier le Plan local d’urbanisme (PLU) pour imposer la création de logements sociaux dès le troisième logement et d’accélérer la rénovation des cités HLM, tout en renforçant l’accompagnement des propriétaires.

Pascal Lesellier (Rassemblement national) s’oppose à l’encadrement des loyers et prône une réforme nationale pour fluidifier le marché. À Bayonne, il suggère de créer des résidences à espaces communs pour les jeunes et les seniors, afin de libérer des logements.

Sandra Pereira-Ostanel (LFI) insiste sur la nécessité de produire davantage de logements sociaux, notamment des PLAI pour les plus fragiles. Elle propose de négocier le gel des loyers HLM, de prolonger l’encadrement des loyers dans le parc privé et de lutter contre l’étalement urbain en densifiant les zones bien desservies.

La question épineuse de la réglementation touristique

Un point de friction concerne la réglementation sur les meublés de tourisme, avec des positions tranchées. Les listes de gauche refusent tout assouplissement, tandis que Pascal Lesellier en réclame un. Jean-René Etchegaray, défenseur de la mesure, appelle à des données plus fiables pour affiner la politique.

En somme, la bataille du logement social à Bayonne révèle des clivages profonds entre les candidats, chacun portant une vision distincte pour répondre à un défi qui touche directement la vie des habitants. Les électeurs devront trancher lors des prochaines élections municipales.

Bannière post-article Pickt — app de listes de courses collaboratives avec illustration familiale