Abandons de logements en hausse : 30.500 expulsions et 6.000 départs silencieux en 2025
Abandons de logements : 30.500 expulsions et 6.000 départs silencieux

Une hausse alarmante des abandons de logements en France

L'année 2025 a été marquée par une augmentation significative des situations d'abandon de logements en France. Selon les dernières données, 30.500 ménages ont été expulsés de leur domicile, ce qui représente une hausse de 27% par rapport à l'année précédente et constitue un triste record. Mais au-delà des expulsions officielles, un phénomène parallèle prend de l'ampleur : les départs silencieux de locataires qui abandonnent simplement leur logement sans en informer les propriétaires.

Les départs silencieux : 6.000 cas recensés

Les commissaires de justice ont recensé 6.000 cas d'abandon sans préavis l'année dernière, comme le rapporte Le Parisien. Ces situations ne sont pas toujours liées à des impayés de loyers, mais peuvent avoir des causes plus surprenantes. À Montataire, dans l'Oise, un propriétaire a découvert que son locataire avait disparu sans laisser de trace pour une raison inattendue : il était tout simplement en prison.

« Si je ne m'étais pas renseigné, je n'aurais rien su. Personne ne m'a prévenu de la situation », déplore ce propriétaire qui a dû attendre un an pour récupérer son appartement, perdant au passage environ 10.000 euros de loyers impayés. Le commissaire de justice (anciennement huissier) n'a constaté l'abandon que plusieurs mois après la signature du bail, en découvrant le logement sens dessus dessous avec la serrure de la porte arrachée.

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La procédure légale en cas d'abandon

En France, la procédure en cas d'abandon de logement est strictement encadrée par la loi. Le propriétaire doit obligatoirement saisir un commissaire de justice qui délivre alors au locataire :

  • Une mise en demeure de justifier qu'il occupe bien le logement
  • Un commandement de payer les loyers non versés

Le locataire dispose d'un mois pour répondre à cette mise en demeure. En l'absence de réponse dans le délai imparti, l'huissier peut alors pénétrer dans le logement en présence de deux témoins et dresser un procès-verbal d'abandon, tout en faisant l'inventaire des biens laissés sur place.

Le rôle du juge et les possibilités de contestation

Un juge des contentieux de la protection est ensuite saisi. Celui-ci peut constater la résiliation du bail et ordonner la reprise des lieux. La décision doit être adressée dans les deux mois au locataire, qui conserve cependant la possibilité de contester l'ordonnance dans le mois qui suit sa signification, en envoyant ou en déposant une déclaration au greffe du tribunal.

Comme le précise le site du Service public, « une nouvelle audience en présence des intéressés est alors fixée » en cas de contestation. Cette possibilité de recours peut considérablement allonger la procédure.

Une procédure souvent très longue

Si la procédure se déroule sans accroc et que le locataire ne conteste pas, le commissaire de justice est chargé de la reprise des lieux. Ce n'est qu'à ce moment-là que le propriétaire peut officiellement récupérer son logement et le relouer.

« En pratique, entre les premiers soupçons d'abandon et la possibilité de relouer, il faut souvent compter entre 6 à 8 mois de délai au total », explique Benoît Santoire, président de la Chambre nationale des commissaires de justice, au Parisien. Ce délai peut très facilement s'allonger en raison de l'engorgement des tribunaux, laissant les propriétaires dans une situation financière et administrative difficile pendant de longs mois.

Cette complexité procédurale, combinée à l'augmentation des cas d'abandon, pose des questions importantes sur l'efficacité du système actuel de protection des propriétaires tout en préservant les droits des locataires.

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