Une carrière brisée par un accident de Pilates
Maya Meron, violoniste reconnue ayant joué avec le London Symphony Orchestra et sur des scènes prestigieuses comme le Royal Albert Hall ou l'Opéra de Sydney, a vu sa vie professionnelle s'effondrer brutalement en mars 2019. L'accident s'est produit dans un studio de Pilates du nord de Londres, où une machine de sport a cédé pendant qu'elle pratiquait.
Un accident aux conséquences dramatiques
Alors qu'elle effectuait la posture du "chien tête en bas", la barre de soutien de la machine a rompu. "L'appareil aurait dû me retenir normalement, mais j'ai été catapultée vers l'avant", témoigne-t-elle. "J'ai entendu mon coude se briser... C'est un son que je n'oublierai jamais."
Les blessures sont graves : fracture du coude gauche, lésions abdominales importantes et dommages irréversibles à deux nerfs du bras gauche. La musicienne, mère de trois enfants, ne peut plus écarter deux doigts et a perdu la capacité de jouer du violon. Elle utilise désormais fréquemment un fauteuil roulant pour se déplacer.
Le déni de responsabilité et le début du combat
Face à cet accident, la propriétaire du studio de Pilates, Jess Schuring, a nié toute défaillance de l'équipement. Elle a même invoqué la "négligence" de la violoniste, refusant ainsi toute responsabilité dans l'accident.
Une enquête personnelle acharnée
Confrontée à ce refus, Maya Meron a décidé de mener sa propre enquête. Pendant plusieurs mois, elle a visité sous couverture différents studios du même réseau de Pilates. Se faisant passer pour une "débutante maladroite", elle a enregistré discrètement les explications des instructeurs et photographié des appareils qu'elle jugeait défectueux.
Son investigation a permis d'identifier des défauts sur une cinquantaine de machines, des problèmes techniques susceptibles d'entraîner des dysfonctionnements dangereux pour les utilisateurs.
Un procès mouvementé
Au tribunal, la défense a tenté de discréditer ses preuves en dénonçant une "violation des droits de l'homme" et des enregistrements obtenus illégalement. Cependant, le juge a écarté ces arguments, reconnaissant la validité des éléments présentés par la musicienne.
Une victoire après huit années de lutte
Grâce à la ténacité de Maya Meron et aux preuves qu'elle a rassemblées, la justice a finalement reconnu la responsabilité du studio. La violoniste a obtenu 250 000 livres sterling d'indemnisation, soit environ 286 794 euros. Huit ans après les faits, cette somme vient d'être versée.
"Mon voisin, qui est d'ailleurs juge, m'avait conseillé d'abandonner le combat", confie-t-elle. "Mais j'ai choisi de continuer à me battre."
Un espoir pour l'avenir
Après plus de 400 rendez-vous médicaux et des années de procédure judiciaire, Maya Meron nourrit désormais un espoir simple : "pouvoir simplement rejouer du violon avec mes enfants". Son combat exemplaire montre qu'il est possible d'obtenir justice même face à des adversaires déterminés, grâce à la persévérance et à une enquête minutieuse.



