Un Palois dénonce la lenteur judiciaire après une agression grave et un long combat pour l'indemnisation
Victime d'agression à Pau : un marathon judiciaire de 5 ans pour l'indemnisation

Un Palois raconte son calvaire judiciaire après une agression violente

Un habitant de Pau, âgé de 50 ans, a vécu un véritable marathon judiciaire suite à une agression grave survenue en plein centre-ville. Cinq ans après le procès, il n'a finalement touché qu'une partie des indemnités auxquelles il avait droit, dénonçant la lenteur des procédures et un profond sentiment d'injustice.

Une agression brutale et des blessures sévères

L'agression a eu lieu en pleine journée, dans le centre de Pau, perpétrée par un individu en état d'ébriété. La victime a subi des coups extrêmement violents, entraînant de graves blessures, notamment au bras. « J'ai passé plus d'un mois à l'hôpital, avec de la rééducation pendant deux ans », témoigne le quinquagénaire, qui souffre encore aujourd'hui de séquelles permanentes.

L'agresseur, déjà connu pour des antécédents judiciaires, s'est présenté spontanément à la police quelques jours après les faits. Mais pour la victime, c'était le début d'un long et éprouvant processus judiciaire.

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Un parcours semé d'obstacles pour l'indemnisation

Initialement, une provision de 10 000 euros lui a été accordée pour faire face aux frais médicaux et professionnels, d'autant qu'il exerce en tant qu'indépendant. Cependant, l'agresseur s'est déclaré insolvable, compliquant davantage les démarches. « Heureusement, les huissiers ont réussi à récupérer de l'argent avec des saisies sur son compte. Mais ils gardent un pourcentage de ce qu'ils arrivent à récupérer », explique-t-il.

Finalement, cinq ans après le procès, la victime n'a perçu qu'environ 40 000 euros sur les 80 000 euros initialement prévus. Cette somme a été versée par un fonds d'indemnisation de l'État, et non par l'agresseur lui-même.

La complexité juridique et le sentiment de double peine

Le Palois déplore la complexité des procédures et la difficulté à prouver certains préjudices. « Si vous vous faites agresser et que vous perdez un bras, c'est à vous d'apporter la preuve que vous vous serviez de votre bras tous les jours pour vos activités. Moi, je pratiquais une activité sportive très régulière, y compris à l'étranger, mais je n'ai pas de licence professionnelle, donc ça n'a pas été jugé recevable », raconte-t-il.

Il ajoute : « Tout ça prend tellement de temps et d'énergie pour se battre. C'est comme une double peine. Et je peux comprendre que des gens renoncent à porter plainte ».

Le témoignage de l'Apavim de Pau

Katia Legret, directrice de l'Association pyrénéenne d'aide aux victimes et de médiation (Apavim), confirme ces difficultés. « Si l'auteur décide de ne pas payer, il faut se tourner vers un fonds de garantie », rappelle-t-elle. Mais ces démarches sont lourdes : « Les victimes doivent donc refaire une procédure, et justifier de tout : les démarches administratives sont très lourdes. Et pour cela, elles vont devoir prendre un avocat, qui va retenir une somme sur le montant final ».

Elle souligne également les embûches : « Certains vont être aiguillés vers le mauvais fonds de garantie, ce qui va leur faire perdre du temps, voire les empêcher de pouvoir recourir à un autre. D'autres vont faire appel à un huissier, mais si les indemnités à récupérer sont d'environ 1 500 euros, la facture sera quasi équivalente à cette somme ».

Plus largement, Katia Legret déplore que « beaucoup de professionnels n'identifient pas le volet réparations à sa juste valeur, alors que les dommages et intérêts sont la seule chose qui va dans le sens de la victime ».

Un soulagement mitigé

Aujourd'hui, la victime se dit enfin soulagée que le processus ait abouti, mais son soulagement est teinté d'amertume. « Mais ce que vous touchez à la fin, c'est tellement minime par rapport à tout ce que vous avez perdu », conclut-il, tout en notant que dans les pays anglo-saxons, les indemnités pour ce type d'agression sont souvent bien plus élevées.

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