Trois membres présumés d'un groupe d'ultradroite placés en garde à vue à Montpellier
Ce mardi, trois hommes présumés appartenir à un groupe d'ultradroite ont été placés en garde à vue à Montpellier, selon les informations du parquet d'Alès. Cette convocation, prévue de longue date pour le 24 février, n'a aucun lien avec la mort récente de Quentin Deranque, militant d'extrême droite radicale décédé il y a dix jours à Lyon.
Une agression lors de la feria d'Alès
Les trois individus, âgés de 23 et 25 ans, sont soupçonnés d'avoir participé à l'agression de plusieurs clients du bar associatif Le Prolé, fréquenté par des militants de gauche, lors de la feria d'Alès dans le Gard en mai 2025. Le procureur Abdelkrim Grini a précisé que les prévenus contestent fermement leur implication dans ces violences, ainsi que leur appartenance au groupe nommé Bloc montpelliérain.
Une procédure de dissolution en cours
Le Bloc montpelliérain fait actuellement l'objet d'une procédure de dissolution, tout comme une structure d'ultragauche et deux autres groupes d'ultradroite. Dans un communiqué publié sur Instagram lundi, le groupuscule a exprimé son étonnement face au timing choisi par l'État, évoquant une décision prise en pleine période de deuil suite au décès de Quentin Deranque.
Le procureur d'Alès décidera mercredi, à l'issue de la garde à vue, s'il y a lieu de poursuivre les trois hommes pour violences aggravées. Les faits remontent à une intrusion violente dans le bar Le Prolé, où une dizaine d'hommes, le visage découvert et armés d'une grenade lacrymogène, avaient attaqué une vingtaine de clients.
Des témoignages accablants et des réactions politiques
Plusieurs témoins ont identifié des membres du Bloc montpelliérain grâce à leurs tatouages nazis, bien que le groupe ait nié toute implication sur les réseaux sociaux. En juin dernier, plusieurs centaines de personnes, dont le secrétaire national du Parti communiste Fabien Roussel, avaient manifesté à Alès pour dénoncer cette agression.
Fabien Roussel a vivement critiqué ce qu'il qualifie de complaisance des autorités, pointant du doigt l'absence de réaction du Premier ministre de l'époque François Bayrou et du ministre de l'Intérieur Bruno Retailleau. « Il faut dissoudre ces groupuscules. C'est une idéologie qui est condamnée dans notre pays, qui est interdite depuis 1945 », a-t-il déclaré, appelant à une action ferme contre l'extrémisme violent.



