La cour d'assises d'appel de Paris a requis, mardi 6 octobre 2026, des peines de 16 et 20 ans de réclusion criminelle contre Marine Pequignot et Samir Manaa, proches du terroriste Radouane Lakdim, pour association de malfaiteurs terroristes liée aux attentats de Trèbes et Carcassonne en 2018. Ces réquisitions dépassent largement les peines prononcées en première instance début 2024.
Des peines supérieures à la première instance
L'avocat général du Parquet national antiterroriste (Pnat) a demandé 20 ans de prison contre Samir Manaa, meilleur ami du tueur. Selon les magistrats antiterroristes, c'est lui qui a conduit le terroriste dans une armurerie, deux semaines avant les faits, pour y acheter le couteau utilisé pour égorger le lieutenant-colonel Arnaud Beltrame. Le Pnat a en outre réclamé 16 ans de réclusion contre Marine Pequignot, ancienne petite amie du terroriste.
Le ministère public a assorti ces réquisitions d'un suivi socio-judiciaire de trois ans, de soins obligatoires et d'une interdiction de séjour dans l'Aude. Ces demandes dépassent largement les peines de première instance prononcées début 2024 : Samir Manaa avait écopé de 3 ans de prison et Marine Pequignot de 5 ans, dont 2 avec sursis, contre des réquisitions initiales de 10 et 11 ans. Le Pnat avait fait appel du premier jugement. Le verdict est attendu en fin de semaine après les plaidoiries de la défense.
Le rappel des attentats de Trèbes et Carcassonne
Le 23 mars 2018, à Carcassonne et Trèbes (Aude), Radouane Lakdim, un délinquant fiché S de 25 ans, a tué quatre personnes lors d'un périple terroriste. Son itinéraire meurtrier a débuté peu après 9 heures, à Carcassonne. Le terroriste a tiré sur deux occupants d'un véhicule pour le voler, tuant un passager de 60 ans et blessant grièvement le conducteur à la tête. Il a ensuite ciblé des CRS en footing, blessant un policier, avant de se rendre à Trèbes.
Arrivé au Super U de Trèbes, l'assaillant a abattu un employé et un client. Dépêché sur place pour coordonner les secours, le colonel Arnaud Beltrame a négocié la libération d'une hôtesse de caisse en prenant sa place. Touché par plusieurs balles tirées par le terroriste, l'officier de gendarmerie est mort de ses blessures dans la nuit au centre hospitalier de Carcassonne.
Le verdict attendu en fin de semaine
Les réquisitions du Pnat marquent une étape décisive dans ce procès en appel. La cour d'assises d'appel de Paris doit rendre son verdict en fin de semaine, après les plaidoiries de la défense. Cette décision clôturera un long processus judiciaire entamé après les attentats de 2018, qui avaient profondément marqué l'Aude et la France entière.