Un trafiquant érythréen condamné aux Pays-Bas pour des crimes commis en Libye
Ce dessin, réalisé le 3 novembre 2025 et publié le 19 février 2026, représente l'Érythréen Walid lors d'une audience pour traite d'êtres humains au tribunal de la ville de Zwolle, aux Pays-Bas. NICOLE VAN DEN HOUT / AFP. On retrouve sa trace sous une dizaine d'identités différentes, mais tous l'appellent simplement Walid. Lui-même maintient qu'il y a erreur sur la personne, même si ses victimes l'ont formellement reconnu sur des photographies, notamment grâce à une tache pigmentaire distinctive située sous un de ses yeux.
Un réseau criminel organisé depuis la Libye
C'est bien cet Érythréen qui, opérant depuis Bani Walid dans le nord-ouest de la Libye, organisait la détention de migrants dans des conditions absolument épouvantables. Son système impliquait de recevoir d'importantes sommes d'argent des proches des personnes séquestrées, exploitant ainsi leur détresse. Walid, dont le véritable nom demeure incertain à ce jour, a finalement été condamné le 27 janvier à vingt années de prison ferme. Les charges retenues contre lui incluent le trafic d'êtres humains et la participation active à une organisation criminelle structurée.
Une condamnation historique prononcée aux Pays-Bas
La particularité majeure de ce dossier judiciaire réside dans le fait que cette condamnation a été prononcée par un tribunal situé dans la ville de Zwolle, dans le nord des Pays-Bas. « Cette affaire est véritablement sans précédent dans le paysage judiciaire européen », ont souligné des observateurs. La défense de Walid a immédiatement annoncé son intention de faire appel de cette décision, invoquant principalement l'incompétence supposée des tribunaux néerlandais pour juger des faits survenus en territoire libyen.
« À notre connaissance, aucune poursuite de cette nature et de cette ampleur n'a jamais été engagée de cette manière dans une autre juridiction européenne », ont fait valoir auprès du Monde les avocats de Walid, Me Simcha Plas et Me Jordi L'Homme. Ils estiment que les tribunaux des Pays-Bas n'étaient pas habilités à se saisir de cette affaire.
L'argument territorial rejeté par la justice néerlandaise
Cependant, cet argument juridique a été catégoriquement rejeté par le juge en charge du dossier. Si les faits principaux se sont effectivement déroulés « en grande partie en dehors du territoire des Pays-Bas », comme le précise le communiqué officiel du tribunal de Zwolle, le juge a retenu que certaines des personnes directement concernées par ces agissements étaient bien arrivées sur le sol néerlandais, où elles avaient déposé une demande d'asile. Par ailleurs, d'autres victimes résidaient déjà aux Pays-Bas au moment où elles ont subi les extorsions de fonds orchestrées par le réseau de Walid. Ces éléments ont suffi à établir la compétence juridictionnelle des autorités néerlandaises dans cette affaire complexe et transnationale.



