Trafic de stupéfiants à Castets : Trois individus condamnés par le tribunal de Dax
Les faits se sont déroulés à Castets, où un troisième individu a été condamné ce lundi 23 février à dix-huit mois de prison assortis d'un sursis probatoire de deux ans par le tribunal correctionnel de Dax. « Un trafic local de produits stupéfiants avec des acteurs bien connus. » Voilà comment Benoît Fontaine, procureur de la République de Dax, a présenté le dossier jugé ce lundi 23 février par le tribunal correctionnel de Dax.
Les peines prononcées
À la barre, Jimmy et Jessy Brutails ont été condamnés à deux ans et dix-huit mois de prison ferme, avec maintien en détention, pour trafic de stupéfiants. Un troisième individu, surnommé « Guéguette », a été condamné à dix-huit mois de prison avec sursis, assortis d'un sursis probatoire de deux ans. Cette procédure est partie d'un renseignement anonyme indiquant qu'un certain « Guéguette » pourrait s'adonner à la vente de produits stupéfiants à Castets.
Les enquêteurs ont mené plusieurs perquisitions et entendu un certain nombre de consommateurs qui s'étaient procuré de la résine et de l'herbe de cannabis via Snapchat et Telegram. Ce chef cuisinier s'est présenté comme un « intermédiaire » auprès de Jessy Brutails lors de la transaction d'un pain de résine de cannabis d'un peu moins de 100 grammes, dans la nuit du 21 au 22 décembre, à Castets. « J'ai rendu un service, j'ai été trop bon, trop con. » La présidente du tribunal tient à faire prendre la mesure de cet échange. « On n'est pas sur un dépannage entre consommateurs », rappelle-t-elle.
Les circonstances du trafic
En manque d'argent depuis plusieurs mois en raison d'un arrêt maladie, Jessy Brutails s'est vu proposer par son frère, quelques jours avant les faits, de se rendre à Bilbao (Espagne) pour récupérer de la résine et de l'herbe de cannabis. En Espagne, le trentenaire se rend au point de rendez-vous et récupère la marchandise, sans verser d'argent. « C'est quelqu'un qui devait avoir confiance », souligne Laure Vuitton, présidente du tribunal. « J'ai pris la mauvaise décision. C'était de l'argent facile », reconnaît le cadet des deux frères.
L'aîné s'explique ensuite sans difficulté sur les produits stupéfiants retrouvés chez lui lors d'une perquisition. Les 360 grammes de résine de cannabis, « ni vendables ni consommables », remontent à une précédente affaire, et le kilo d'herbe de cannabis aurait été subtilisé à un « trafiquant d'un village ». Quant à la carabine 22 Long Rifle, il explique prendre « plaisir » à tirer. « Aviez-vous besoin d'un silencieux ? », interroge Laure Vuitton. « Il était vendu avec, et cela évite de préoccuper le voisinage », rétorque Jimmy Brutails.
Il ne souhaite pas s'exprimer sur les ramifications de ce trafic de stupéfiants. « Je préfère assumer les conséquences de mes actes plutôt que de voir ma famille se faire agresser », déclare-t-il au tribunal. Pour Benoît Fontaine, « il est assez évident que cette transaction reflète un trafic bien établi » et qu'il s'agit « d'un choix professionnel » des deux frères, en état de récidive légale. Lors de ses réquisitions, le procureur de la République a requis trente mois de prison ferme pour les deux individus et deux ans de prison, dont un an assorti d'un sursis probatoire, pour le troisième.
Les plaidoiries des avocats
Me Costedoat, avocate de l'individu surnommé « Guéguette », n'a pas la même lecture du dossier que le représentant du ministère public. « C'est la montagne qui a accouché d'une souris », débute-t-elle. Selon elle, son client est « un consommateur » de produits stupéfiants et non « un dealer ». Ce dernier reconnaît avoir une consommation importante de cannabis en raison de problèmes familiaux et de santé. Il consacre un budget de 500 à 600 euros par mois à cette consommation. « Cela ne justifie pas une peine de prison ferme. »
De son côté, Me De Pinho a évoqué un « dossier classique de stupéfiants », dans lequel les deux frères chercheraient avant tout à « se protéger ». L'avocate du plus jeune a insisté sur le fait que son client « tente depuis plusieurs années de sortir de la drogue ». Selon elle, Jessy Brutails aurait « bêtement » suivi les propositions de son aîné. Elle a également mis en avant plusieurs « facteurs positifs de réinsertion sociale », soulignant la volonté de son client de se reconstruire et de s'éloigner définitivement de ce milieu.
Enfin, Me Barbe, avocate de Jimmy Brutails, a souligné que le dossier « ne permet pas de déterminer précisément le rôle de chacun dans ce trafic ». « Il faut rester cohérent : quand les éléments sont limités, on ne peut pas requérir une peine aussi importante. Ce dossier doit être jugé à sa juste valeur », a-t-elle plaidé. Le tribunal de Dax a finalement suivi en partie cette analyse en prononçant une peine inférieure aux réquisitions du procureur de la République pour les trois hommes.



