L'OFAST alerte sur l'explosion du trafic de drogues par mules aériennes en France
Trafic de drogues par mules aériennes: l'OFAST tire la sonnette d'alarme

Un trafic qui "sature les services répressifs" selon l'OFAST

L'Office anti-stupéfiants (OFAST) tire la sonnette d'alarme dans une note interne que nous avons pu consulter. Les policiers spécialisés décrivent un "phénomène d'ampleur" concernant le trafic de drogues par mules aériennes, un mode opératoire qui "vise particulièrement la France et sature les services répressifs".

Des chiffres qui donnent le vertige

En 2025, pas moins de 6,6 tonnes de stupéfiants ont été saisies sur des mules aériennes en France, selon les données de l'OFAST. L'année précédente, ce chiffre atteignait même 6,8 tonnes, dont 4,1 tonnes de cocaïne. Sur cette même période, 1.607 mules ont été interceptées en 2024 contre 1.322 en 2025.

Parmi ces individus interceptés, une tendance se dégage clairement: 78% des mules arrêtées provenaient ou étaient en partance des Antilles et de la Guyane, le reste provenant principalement du Brésil et de l'Afrique de l'Ouest.

Les différentes techniques employées par les trafiquants

L'OFAST identifie plusieurs modes opératoires distincts:

  • Les mules "in corpore": absorption de stupéfiants (quasi-exclusivement de la cocaïne) sous forme d'ovules de plastique, souvent des préservatifs
  • Les mules "à corps": transport de la drogue sur soi-même, par exemple à l'aide d'un plastron
  • Les mules "bagages": transport de la drogue dans des valises, en cabine ou en soute

Fait marquant: près de 60% des interpellations concernent des mules "in corpore", la technique la plus risquée pour les transporteurs.

Une estimation bien plus alarmante que les saisies

Si les chiffres des saisies sont déjà impressionnants, l'OFAST estime que la réalité du trafic est bien plus importante. L'office évalue les quantités réellement importées par le mode opératoire des mules à au moins 20 tonnes pour la seule cocaïne, principalement dans les aéroports parisiens.

Les "mules cocaïne" représentent d'ailleurs 85% du trafic par voie aérienne, avec 733 individus interceptés en 2024 et 639 en 2025, dont 80% transportaient spécifiquement de la cocaïne.

Le profil des mules: des personnes vulnérables recrutées

L'OFAST souligne que les narcotrafiquants "embauchent" délibérément des personnes défavorisées, souvent extérieures aux groupes criminels organisés. Dans 57% des cas, ces mules sont d'origine française.

Un exemple concret illustre cette réalité: le 4 mars 2025, les douanes ont intercepté six passagers d'un avion en provenance de Fort-de-France à l'aéroport Paris-Charles-de-Gaulle. Ils transportaient plus de 200kg de cocaïne répartis dans leurs bagages. Ces individus résidaient dans plusieurs départements de métropole.

Le problème, selon l'OFAST, est que ces mules sont généralement "dans l'incapacité de renseigner les enquêteurs sur la structuration du réseau qui les emploie", ce qui complique considérablement les investigations.

Une baisse relative qui cache des stratégies d'évitement

Si le nombre de mules transportant de la cocaïne a baissé de 24% entre 2024 (1.482) et 2025 (1.129), cette diminution ne reflète pas nécessairement un recul du trafic. L'OFAST avance plusieurs explications possibles:

  1. Des variations dans les contrôles policiers et douaniers
  2. Des modifications d'itinéraires pour éviter les vols cibles
  3. Une réorientation de certains trafiquants vers les voies maritimes ou le fret aérien

Les trafiquants ont clairement intensifié leurs activités ces dernières années, adaptant constamment leurs méthodes pour contourner les dispositifs de contrôle. L'OFAST observe ainsi que "les trafiquants ont intensifié le trafic par mules aériennes", créant un défi majeur pour les forces de l'ordre françaises.