Tensions à la cour d'assises de l'Hérault lors du procès du meurtre d'Elias à Montpellier
Tensions à la cour d'assises de l'Hérault pour le meurtre d'Elias

Tensions explosives à la cour d'assises de l'Hérault lors du procès du meurtre d'Elias

Le procès de Samir Fadili, 29 ans, accusé d'avoir tué par balle Elias Belhadj, un jeune homme de 20 ans, en juin 2020 dans le quartier sensible de la cité Saint-Martin à Montpellier, a donné lieu à des scènes de tension extrême ce mercredi 25 février à la cour d'assises de l'Hérault. La défense a fini par quitter l'audience après un conflit ouvert avec le président du tribunal, Eric Emmanuélidis, alors que l'accusé encourt la réclusion criminelle à perpétuité.

Un crime qui résonne dans un quartier en proie à la violence

La mort d'Elias, ainsi que celle d'un autre jeune en 2020, avait provoqué une marche contre la violence à Montpellier en juillet 2020, soulignant l'impact profond de ces événements sur la communauté. Le témoignage de Leslie, une habitante réveillée par des éclats de voix dans la nuit du 21 juin 2020, décrit une scène de chaos : "J'ai vu des jeunes en train de se taper dessus et de s'insulter, et puis qu'on se tirait dessus à bout portant. J'étais tétanisée et j'avais peur". Elle a ensuite rapporté à la police avoir vu un homme au sol frappé, puis un troisième individu lui tirer dessus.

Samir Fadili, l'accusé, affirme avoir agi dans la panique pour protéger son père, agressé par des jeunes délinquants du quartier. Cependant, son père, Abdellakh Fadili, n'a pas témoigné, ce qui a alimenté les controverses. La défense, représentée par Me Guillaume Fort du barreau de Valence et Me Saïd Harir de Paris, s'est indignée du refus du président de tenter une visioconférence pour entendre le père, ainsi que de ne pas reconvoquer la compagne de l'accusé, sèchement éconduite la veille.

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Conflits judiciaires et émotions à vif

L'émotion a atteint son paroxysme lors de la diffusion d'une vidéo montrant Faudel Boubagra, un proche d'Elias, portant le corps inanimé de son ami après le tir. La mère d'Elias a sangloté, obligeant à couper l'image. Pendant ce temps, le président s'est agacé des questions de la défense, jugées redondantes, déclarant : "Il est déjà 18 heures, à cette heure-là il faut aller à l'essentiel".

Les tensions ont culminé lorsque Me Harir a poursuivi son interrogatoire malgré l'avertissement du président, qui a lancé : "Je mets fin à l'interrogatoire, vous, vous partez !". L'avocat a alors demandé une suspension pour parler à son client, mais le président a refusé, s'exclamant : "C'est quoi ces manières ? On n'est pas à Paris, je refuse la suspension !". En réponse, Me Harir a enlevé sa robe et demandé à son client de rentrer en cellule, tandis que l'accusé a déclaré : "Je récuse mes avocats, je veux rentrer en cellule". La défense a finalement quitté la salle, laissant l'audience se poursuivre sans elle.

Un contexte de violence persistante

Le témoin Faudel Boubagra, qui nie le "contexte de terreur" évoqué par la défense, a lui-même été condamné à huit ans de prison pour avoir tiré dans les fenêtres de la famille Fadili six mois après le crime et jeté une grenade de guerre dans leur cave. Les Fadili avaient mis leur appartement en vente et prévoyaient de quitter définitivement la cité Saint-Martin et Montpellier trois jours après l'incident.

L'audience doit reprendre ce jeudi à 9 heures, avec des questions en suspens : l'accusé sera-t-il présent ? Avec quels avocats ? Cette affaire, qui a déjà suscité une large mobilisation contre la violence, continue de diviser et d'émouvoir, reflétant les défis persistants de la sécurité dans les quartiers sensibles de Montpellier.

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