Procès Tariq Ramadan : l'accusé absent, un mandat d'arrêt international demandé
Tariq Ramadan absent à son procès, mandat d'arrêt demandé

L'absence de Tariq Ramadan à son procès pour viol déclenche une demande de mandat d'arrêt international

Le procès de Tariq Ramadan, accusé de viol et de viol aggravé sur trois femmes entre 2009 et 2016, s'est ouvert dans des conditions exceptionnelles ce lundi 2 mars 2026 devant la cour criminelle de Paris. La salle d'audience a présenté un tableau inhabituel : quatre avocats de la défense étaient présents, mais l'accusé lui-même brillait par son absence.

Une hospitalisation à Genève au cœur des débats

Les avocats de Tariq Ramadan ont immédiatement justifié cette absence en annonçant que leur client était hospitalisé à Genève, en Suisse. Selon leurs déclarations, l'intellectuel se serait initialement rendu au chevet de sa mère âgée, qui devait subir une opération, avant de nécessiter lui-même une prise en charge médicale.

Pour étayer leurs dires, les défenseurs ont produit un certificat médical émanant du médecin traitant suisse de Tariq Ramadan. Ce document confirme la demande d'hospitalisation, mais présente des lacunes significatives : il ne précise ni la date d'entrée à l'hôpital, ni la durée prévisible du séjour médical. Sur cette base, l'équipe de défense a aussitôt réclamé un renvoi du procès.

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Une violation flagrante du contrôle judiciaire

La présidente de la cour criminelle, Corinne Goetzmann, a immédiatement relevé une incohérence majeure. Tariq Ramadan est soumis à un contrôle judiciaire qui fixe sa résidence en Seine-Saint-Denis et lui interdit formellement de séjourner en Suisse sans en avoir préalablement référé à l'autorité compétente.

Or, comme l'a souligné la magistrate, aucune trace de demande d'autorisation de quitter le territoire n'a été retrouvée dans les dossiers. Cette autorisation, qui doit être déposée quinze jours avant la date de départ souhaitée selon les règles en vigueur, constitue une formalité essentielle que l'accusé n'a visiblement pas respectée.

La réquisition d'un mandat d'arrêt international

Face à cette violation manifeste du contrôle judiciaire, l'avocat général Philippe Courroye a pris une position ferme. Il a demandé à la cour de lancer un mandat d'arrêt international contre Tariq Ramadan, estimant que cette absence n'était pas fortuite.

« Il ne faut pas se leurrer, Tariq Ramadan utilise tous les moyens pour ne pas comparaître et ne pas être jugé », a déclaré l'avocat général, une analyse qui a reçu l'approbation des parties civiles présentes à l'audience.

Cette demande de mandat d'arrêt international marque un tournant dans cette procédure judiciaire déjà très médiatisée. Elle témoigne de la détermination des autorités judiciaires à faire comparaître l'accusé, malgré les obstacles qui semblent se multiplier.

Le procès, qui devait initialement se dérouler à huis clos pour protéger la vie privée des plaignantes, se trouve ainsi reporté dans l'attente d'une décision sur le mandat d'arrêt et d'une éventuelle comparution de l'accusé. Cette absence inexpliquée et la violation du contrôle judiciaire ajoutent une dimension supplémentaire à une affaire qui mobilise déjà l'attention du public et des médias depuis plusieurs années.

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