Suicide d'une lycéenne à Mitry-Mory : la plainte pour harcèlement scolaire classée sans suite
Suicide lycéenne Mitry-Mory : plainte harcèlement classée sans suite

Suicide d'une lycéenne à Mitry-Mory : la plainte pour harcèlement scolaire classée sans suite

Le procureur de Meaux, Jean-Baptiste Bladier, a annoncé, lundi 9 février 2026, le classement sans suite de la plainte pour harcèlement scolaire déposée par les parents de Camélia, une lycéenne de 17 ans qui s'est suicidée le 13 janvier à Mitry-Mory, en Seine-et-Marne. Cette décision intervient après une enquête approfondie menée par 12 enquêteurs, qui ont auditionné plus de soixante personnes en dix-neuf jours.

Une enquête judiciaire sans preuves suffisantes

Dans une déclaration à la presse, M. Bladier a expliqué que les investigations n'ont pas permis de trouver des éléments suffisants pour rechercher la responsabilité pénale de quiconque dans le décès de Camélia. Il a précisé que l'exploitation des données téléphoniques et numériques, ainsi que les témoignages recueillis, ne permettaient pas d'étayer l'existence d'un harcèlement scolaire. Le procureur a également indiqué que la responsabilité des personnels de l'Éducation nationale n'était pas engagée sur le plan pénal.

Les circonstances du drame et une fausse conversation

Camélia, élève de terminale, s'est tuée dans une gare de Mitry-Mory, quelques jours avant son 18e anniversaire. Le procureur a révélé que la jeune femme avait créé une fausse conversation sur l'application Snapchat, en empruntant les identités de trois de ses camarades – un garçon et deux filles – et en simulant des échanges entre eux. Elle a diffusé des captures d'écran de cette conversation à des camarades du lycée, dans le but de faire le tri entre ses vrais et ses faux amis, selon M. Bladier. Cette action a déclenché une période de tension entre Camélia et certains élèves de sa classe.

Une marche silencieuse et des réactions émues

Le 25 janvier 2026, plus de 2 000 personnes se sont réunies à Mitry-Mory pour une marche silencieuse en hommage à Camélia, témoignant de l'émotion suscitée par ce suicide. Dans une interview au Parisien le mois précédent, un oncle de la victime avait mis en cause l'attitude du proviseur lors d'une entrevue avec l'adolescente quelques heures avant le drame. Cependant, l'enquête n'a pas retenu cette piste. M. Bladier a salué la qualité d'écoute et le calme des parents de Camélia, qui ont accueilli sa décision avec sérénité.

Contexte et implications

Ce cas intervient dans un contexte où le harcèlement scolaire reste une préoccupation majeure en France, avec plus de 10 000 affaires enregistrées par la justice depuis la création du délit en 2022. Le classement sans suite de cette plainte soulève des questions sur les limites des enquêtes judiciaires dans des situations complexes impliquant des adolescents et les réseaux sociaux. Les autorités continuent de promouvoir des mesures de prévention et de sensibilisation pour lutter contre ce fléau.