Condamnation ferme pour l'essayiste d'extrême droite
La justice suisse a prononcé une peine de prison ferme contre Alain Soral pour des propos antisémites et homophobes diffusés sur les réseaux sociaux entre 2023 et 2025. L'essayiste d'extrême droite, qui a récemment annoncé être « réfugié politique en Russie », a été condamné jeudi par le tribunal du canton de Vaud à une peine de cinq mois d'incarcération sans sursis.
Une ordonnance pénale pour incitation à la haine
Au terme d'une instruction ouverte en mars 2024 suite à une dénonciation de la Coordination intercommunautaire contre l'antisémitisme et la diffamation (Cicad), une ordonnance pénale a été rendue contre Alain Soral. Le ministère public vaudois a précisé dans un communiqué que le polémiste franco-suisse, domicilié à Lausanne, est condamné pour discrimination, incitation à la haine et injure.
Les faits concernent des contenus visant des personnes de confession juive publiés sur son site « Égalité et Réconciliation » ainsi que sur ses comptes X et Telegram, suivis par plusieurs dizaines de milliers d'abonnés. Le bureau du procureur général Eric Kaltenrieder a détaillé la peine : cinq mois de prison ferme accompagnés d'une peine pécuniaire de 30 jours-amende à 170 francs suisses par jour.
Des propos visant une journaliste et Gabriel Attal
Le ministère public a spécifié que les propos dénoncés incluent des injures contre une journaliste suisse ainsi que plusieurs commentaires homophobes concernant l'ancien Premier ministre français Gabriel Attal. Multicondamné en France, Alain Soral avait rejoint la Suisse en 2019 pour échapper à la prison.
Présent sans avocat à une première audition à Lausanne en novembre 2025, l'essayiste ne s'est pas présenté à la seconde convocation jeudi. Neuf jours plus tôt, il avait annoncé sur son compte X être « devenu réfugié politique en Russie » depuis le 26 février.
Condamnations simultanées en France et nouvelle instruction en Suisse
Le même jour que sa condamnation en Suisse, Alain Soral a été condamné en France à deux ans de prison ferme pour « association de malfaiteurs » lors du procès de l'Iranienne Mahdieh Esfandiari à Paris. Il a été reconnu coupable d'avoir soutenu le collectif de « l'Axe de la résistance », accusé d'apologie du terrorisme notamment pour avoir célébré l'attaque du Hamas le 7 octobre 2023 en Israël.
Parallèlement, le ministère public du canton de Vaud a annoncé vendredi avoir ouvert une nouvelle instruction pénale contre Alain Soral. Cette procédure fait suite à des propos à l'encontre de la communauté juive, tenus en ligne fin 2025 et en janvier 2026, qui ont fait l'objet d'une plainte des autorités françaises. Les magistrats suisses ont indiqué que le prévenu sera à nouveau convoqué pour une audition.
Cette double actualité judiciaire souligne la persistance des poursuites contre l'essayiste controversé, malgré son auto-proclamé statut de réfugié en Russie. Les autorités suisses maintiennent leur vigilance face aux contenus haineux diffusés en ligne, démontrant une fermeté judiciaire face à ce type de délits.



