Samuel Paty : Laurent Nuñez affirme un lien de causalité certain avec la campagne de haine en ligne
Samuel Paty : Nuñez lie campagne de haine et assassinat

Le ministre de l'Intérieur affirme une certitude sur le lien entre la campagne de haine et l'assassinat de Samuel Paty

Laurent Nuñez a exprimé ce mercredi devant la cour d'assises spéciale de Paris sa « certitude » quant à l'existence d'un lien de « causalité » entre la campagne de haine en ligne visant Samuel Paty et son assassinat. Cette déclaration a été formulée dans une « réponse complémentaire » à sa première déposition, alors que les personnes accusées d'être à l'origine de cette campagne sont actuellement jugées en appel.

Un raid numérique qui a conduit irréfutablement à la cible

Le ministre de l'Intérieur a insisté sur le fait que ce raid numérique « a conduit de manière irréfutable le terroriste à choisir [Samuel Paty] comme cible dans son projet d'attentat », commis le 16 octobre 2020. Les accusés, le militant islamiste Abdelhakim Sefrioui et un parent d'élève, Brahim Chnina, font face à des accusations graves dans ce procès en appel.

Dans son témoignage initial, livré en tant qu'ancien coordinateur antiterroriste à l'Élysée et lu vendredi à l'audience, Laurent Nuñez avait répondu à une partie civile qui lui demandait si désigner publiquement une personne comme ayant porté atteinte au Prophète pouvait l'exposer objectivement à un danger grave. Il avait alors répondu que « non », ce n'était « pas nécessairement » le cas, une réponse que la défense d'Abdelhakim Sefrioui avait saluée comme un « fait majeur ».

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Une position clarifiée et contestée

Cependant, dans son ajout lu mardi soir, Laurent Nuñez a affirmé que tout « atteste [...] de manière certaine le lien de causalité entre les publications des deux accusés et la mort violente de Samuel Paty ». L'enseignant avait été décapité près du collège du Bois d'Aulne à Conflans-Sainte-Honorine par le djihadiste tchétchène Abdoullakh Anzorov, après avoir montré des caricatures de Mahomet lors d'un cours sur la liberté d'expression.

Le ministre a précisé que cette « certitude » est étayée par sa connaissance précise du dossier, répétant sa position exprimée dans un courriel envoyé dimanche soir à la présidente de la cour d'assises. Cette clarification a suscité des réactions vives de la part des avocats de la défense.

Des accusations d'atteinte à l'impartialité

Frank Berton, avocat de Brahim Chnina, a qualifié ce nouveau commentaire de « variation indiscutable de la déposition de M. Nuñez », exigeant un procès-verbal de variation de témoin. Il a évoqué la possibilité d'un « faux témoignage ». De son côté, Vincent Brengarth, intervenant pour Abdelhakim Sefrioui, a dénoncé une « atteinte à l'impartialité », « à la dignité des débats » et « à la séparation des pouvoirs ».

L'avocat a critiqué le fait qu'un membre du gouvernement ait écrit à une présidente de cour d'assises pour revenir sur une déposition écrite, remettant en question l'intégrité du processus judiciaire.

Le contexte des condamnations précédentes

Pour rappel, la première cour d'assises avait condamné Brahim Chnina et Abdelhakim Sefrioui à respectivement 13 et 15 ans de réclusion criminelle pour association de malfaiteurs en 2024. Le tribunal avait notamment relevé leur rôle « causal » dans l'enchaînement des faits ayant conduit à l'assassinat de Samuel Paty, soulignant l'importance de leur responsabilité dans cette tragédie.

Ce procès en appel continue de mettre en lumière les complexités juridiques et les enjeux de sécurité liés à la lutte contre le terrorisme et la haine en ligne, avec des débats animés sur la responsabilité des acteurs dans de tels crimes.

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