Stéphane Ravier condamné pour favoritisme : peine de prison avec sursis et inéligibilité
Ravier condamné pour favoritisme : prison avec sursis et inéligibilité

Stéphane Ravier condamné pour favoritisme dans un marché public marseillais

Le tribunal judiciaire de Marseille a rendu son verdict, mardi 17 février, dans l'affaire de favoritisme impliquant le sénateur d'extrême droite Stéphane Ravier. L'élu a été condamné à trois mois de prison avec sursis, accompagnés d'un an d'inéligibilité et d'une amende de 5 000 euros.

Une responsabilité ultime dans la rupture des règles

La présidente du tribunal a déclaré M. Ravier coupable pour des faits remontant à septembre 2016 à juin 2017, alors qu'il occupait le poste de maire du 7e secteur de Marseille, couvrant les 13e et 14e arrondissements. « En sa qualité d'ordonnateur, M. Ravier portait la responsabilité ultime du respect des règles », a-t-elle souligné.

Elle a précisé qu'« aucun enrichissement personnel n'a été démontré, mais le favoritisme se caractérise par la seule rupture des règles de mise en concurrence ». Le sénateur des Bouches-du-Rhône, ancien membre du Rassemblement National (RN) et de Reconquête !, est accusé d'avoir attribué un marché pour la rénovation du site internet de la mairie de secteur en le partageant entre deux sociétés.

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Un montant stratégiquement inférieur au seuil légal

Selon le parquet, ce marché bénéficiait en réalité à la même personne, permettant de se situer sous la barre des 25 000 euros. Ce montant est crucial, car il représente le seuil à partir duquel un marché public doit impérativement donner lieu à une mise en concurrence. Cette manœuvre aurait ainsi évité une procédure de concurrence obligatoire.

La nièce de Ravier également sanctionnée

Sandrine d'Angio, la nièce de Stéphane Ravier, qui lui a succédé au poste de maire du 7e secteur de Marseille en 2017, a également été condamnée. Elle écope de 5 000 euros d'amende, dont deux avec sursis, et d'un an d'inéligibilité.

La présidente a justifié cette différence de sanction en indiquant que Mme d'Angio « ne se trouvait pas à l'origine du dispositif initial, mais s'est inscrite dans la continuité de pratiques déjà engagées ».

La défense conteste, le parquet était plus sévère

L'avocat du sénateur, Pierre-Vincent Lambert, a réclamé la relaxe, contestant l'infraction « dans le rationnel et l'intentionnel ». Le procureur avait, quant à lui, requis des peines plus lourdes : six mois de prison avec sursis, 5 000 euros d'amende et trois ans d'inéligibilité pour les deux accusés.

Une nouvelle condamnation qui s'ajoute à un lourd passif

Il s'agit d'une nouvelle condamnation pour Stéphane Ravier, qui avait déjà écopé la semaine précédente de six mois de prison avec sursis et d'un an d'inéligibilité dans un autre dossier de prise illégale d'intérêts. Dans cette affaire, il était accusé d'avoir « œuvré illégalement » au recrutement de son fils à la mairie de secteur.

Deux ans après sa défaite aux dernières municipales, où il était arrivé en troisième position avec près de 20 % des voix, M. Ravier avait quitté le RN pour rallier la candidature d'Éric Zemmour à la présidentielle. Il avait ensuite quitté Reconquête ! en 2024.

Des ambitions municipales compromises

Pour les municipales de 2026, Stéphane Ravier soutient la candidature du député RN Franck Allisio à la mairie de Marseille. Sa nièce, également menacée par cette peine d'inéligibilité, figure d'ailleurs sur la liste du député. Ces condamnations pourraient sérieusement entraver les ambitions politiques des deux protagonistes dans la cité phocéenne.

Cette affaire met en lumière les pratiques de favoritisme au sein des marchés publics locaux et soulève des questions sur l'éthique en politique, particulièrement dans un contexte où la transparence est de plus en plus exigée par les citoyens.

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