Deux affaires judiciaires marseillaises de premier plan vont-elles se télescoper, au risque de provoquer un sérieux accident procédural ? Selon nos informations, le dossier « Trident », du nom de cette opération montée par l’antenne locale de l’office antistupéfiants ayant viré au scandale, risque bien de s’inviter au très attendu procès du clan Yoda qui s’ouvre ce lundi 18 mai, sous haute sécurité, devant la 7e chambre du tribunal correctionnel de la cité phocéenne.
C’est en tout cas l’intention de la défense de Félix Bingui, 35 ans, alias « le Chat » ou « Féfé », le chef présumé de ce réseau de trafiquants, autrefois à la tête du point de deal de « La Fontaine » à La Paternelle, l’un des plus rentables de Marseille, présenté comme « l’un des plus gros narcotrafiquants de la ville ». Son avocat demande l’audition des trois policiers mis en examen pour avoir organisé une livraison de cocaïne dite « surveillée ».
Une demande qui pourrait tout changer
Cette requête, si elle est acceptée, pourrait bouleverser le calendrier du procès et potentiellement entraîner un renvoi. Les avocats de la défense estiment que les agissements des policiers mis en cause dans l’opération Trident sont en lien direct avec les charges retenues contre leur client. Ils espèrent ainsi obtenir des éléments permettant de remettre en cause la validité des preuves rassemblées par l’accusation.
Le contexte de l’affaire Trident
L’affaire Trident a éclaté en 2025, lorsque des révélations ont mis au jour une livraison de cocaïne organisée par des membres de l’office antistupéfiants de Marseille. Trois policiers ont été mis en examen pour « trafic de stupéfiants » et « complicité ». Cette affaire a jeté une ombre sur les méthodes utilisées par les forces de l’ordre dans la lutte contre le narcotrafic dans les quartiers nord de Marseille.
Le procès du clan Yoda sous haute tension
Le procès de Félix Bingui est considéré comme l’un des plus importants de l’année à Marseille. Le clan Yoda est soupçonné d’avoir contrôlé un vaste réseau de trafic de cocaïne et d’héroïne, avec des ramifications internationales. Plusieurs dizaines de prévenus doivent comparaître, et le dispositif de sécurité est renforcé autour du palais de justice.
L’avocat de Bingui, Me Dupont, a déclaré : « Nous ne pouvons pas faire l’impasse sur les agissements des policiers de l’affaire Trident. Ils sont au cœur de ce dossier. » La défense espère que l’audition des trois fonctionnaires permettra de démontrer que les preuves contre son client ont été obtenues de manière illégale.
Le parquet, de son côté, s’oppose à cette demande, estimant qu’elle n’a pas de lien direct avec les faits reprochés à Bingui. La décision du tribunal est attendue dans les prochains jours. En attendant, le procès se poursuit avec l’examen des autres charges.
Cette affaire met en lumière les tensions entre les impératifs de la lutte contre le narcotrafic et le respect des procédures judiciaires. À Marseille, où la violence liée au trafic de drogue est endémique, l’issue de ce procès pourrait avoir des répercussions importantes sur la confiance dans les institutions.



