Procès Samuel Paty : les avocats de la famille exigent justice contre la haine en ligne
Procès Samuel Paty : la famille réclame justice contre la haine

Procès Samuel Paty : les avocats de la famille exigent justice contre la haine en ligne

Les avocats de la famille de Samuel Paty ont plaidé avec force ce jeudi pour que justice soit rendue au professeur d’histoire-géographie, mort « pour la laïcité » et « la liberté d’expression ». Ils ont dénoncé un acte terroriste perpétré par un djihadiste, mais aussi une campagne de haine en ligne ayant conduit à sa condamnation à mort pour blasphème. Quatre hommes comparaissent en appel depuis fin janvier devant la cour d’assises spéciales de Paris pour leur rôle dans ce crime, commis le 16 octobre 2020 par un islamiste radical tchétchène de 18 ans, près du collège du Bois d’Aulne à Conflans-Sainte-Honorine.

Le rôle central des réseaux sociaux dans la tragédie

Deux proches de l’assassin répondent de complicité d’assassinat, passible de la perpétuité. Cependant, les avocats de la famille Paty ont réservé leurs critiques les plus acérées à un parent d’élève, Brahim Chnina, aujourd’hui âgé de 54 ans, et surtout à un militant islamiste aguerri, Abdelhakim Sefrioui, 66 ans. Ces derniers, considérés comme les chefs d’orchestre de la cabale en ligne ciblant le professeur, avaient été condamnés en première instance à treize et quinze ans de réclusion criminelle pour association de malfaiteurs terroriste.

Bien qu’ils ne connaissaient pas l’assassin, c’est sur les réseaux sociaux qu’Abdoullakh Anzorov a découvert l’identité de Samuel Paty. Il l’a décapité pour avoir montré des caricatures de Mahomet lors d’un cours sur la liberté d’expression, avant d’être abattu par la police. Brahim Chnina et Abdelhakim Sefrioui affirment aujourd’hui que la question du blasphème n’était pas à l’origine de leur campagne, malgré des témoignages, messages et vidéos suggérant clairement le contraire.

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Une défense jugée hypocrite par les avocats de la famille

Maître Virginie Le Roy, conseil des parents du professeur et de sa sœur Gaëlle, s’indigne : « Ils veulent faire croire qu’un homme est mort sur un malentendu. Il faut qu’ils cessent de nous dire que le blasphème n’était pas leur préoccupation première. » Elle dénonce les « arguties » d’une défense « prête à s’essuyer les pieds sur un professeur décapité qui a servi les valeurs de la République. »

Francis Szpiner, intervenant pour le fils et l’ex-compagne du professeur, décrit cette « condamnation à mort », cette « fatwa numérique » validée par Abdelhakim Sefrioui, qui s’octroie une autorité religieuse : « Celui qui blasphème doit mourir. » Thibault de Montbrial interroge : « Elle est où la discrimination dans les motivations de Abdelhakim Sefrioui ? »

Un procès éprouvant pour les proches de Samuel Paty

Les cinq semaines de débats, émaillées d’incidents de procédure et de contentieux juridiques soulevés par la défense, ont été une épreuve pour les proches. Ils ont dû « répondre aux insultes » pour défendre la mémoire du « fils, du frère », du professeur bienveillant et compétent. Maître Le Roy concède que Brahim Chnina a fait du chemin en exprimant des regrets, mais déplore qu’Abdelhakim Sefrioui n’ait pas eu « un mot d’empathie ».

Elle souligne : « Il est encore plus dangereux qu’il y a cinq ans, car il n’a tiré aucune conséquence ni de ses actes, ni de la mort de Samuel Paty, qu’il continue de malmener. À l’audience, il a poursuivi sa croisade. » Face à ce « danger public », elle réclame « justice » et « protection ». Le parquet général prend ses réquisitions vendredi avant les plaidoiries de la défense, avec un verdict prévu lundi.

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