Ouverture du procès du rappeur Naps pour viol présumé
Ce lundi 17 février 2026, le procès du rappeur français Naps s'est ouvert devant la cour criminelle de Paris. L'artiste de 40 ans, de son vrai nom Nabil Boukhobza, est accusé d'avoir violé une jeune femme en octobre 2021 dans un hôtel parisien. Il conteste fermement ces faits, ainsi que d'autres accusations de viols et agressions sexuelles portées contre lui.
Les faits reprochés et la version de la plaignante
La plaignante, une serveuse de 20 ans prénommée Emma (nom modifié), affirme avoir été violée par Naps alors qu'elle se trouvait dans un état entre le réveil et le sommeil. Selon son récit, après une soirée en boîte de nuit parisienne, le rappeur l'a invitée avec deux amies à prolonger la fête dans sa chambre d'hôtel. Elle décrit avoir consommé du cannabis, de l'alcool et du protoxyde d'azote avant de se coucher, épuisée, dans le même lit que les autres.
Emma raconte avoir senti quelqu'un lui baisser ses sous-vêtements alors qu'elle était "dans les vapes", puis avoir été réveillée par la douleur d'une pénétration vaginale. Elle aurait tenté de repousser le rappeur. Le lendemain, encouragée par une amie, elle a déposé plainte. Des traces d'ADN de Naps ont été retrouvées sur ses vêtements, et une lésion au niveau de son hymen a été constatée.
La défense de Naps et les autres accusations
Naps, célèbre pour son tube La Kiffance, maintient que le rapport sexuel était consenti. Il a déclaré aux enquêteurs que la jeune femme avait "émis des gémissements de plaisir". Sa défense, représentée par Me Nabil Boudi, a indiqué vouloir "prouver son innocence" et réserver ses commentaires pour la cour.
Le rappeur est également visé par d'autres accusations. En juillet 2024, il a été mis en examen dans le sud de la France pour viols et agressions sexuelles suite aux plaintes de trois jeunes femmes, qu'il conteste également. En novembre 2024, il avait publié sur les réseaux sociaux un communiqué, depuis supprimé, dans lequel il se disait "tarpin serein" face à ces accusations.
Les enjeux du procès et les positions des parties
La justice a estimé que la plaignante "était susceptible de ne pas être en état d'exprimer un consentement libre et éclairé", notamment en raison des témoignages constants de ses deux amies affirmant qu'elle dormait. L'avocat de la plaignante, Me Jean-Baptiste Boué-Diacquenod, a déclaré que sa cliente était "prête à soutenir devant la juridiction les faits de viol qu'elle a dénoncés, avec la même détermination que celle dont elle fait preuve depuis le dépôt de sa plainte".
Naps, qui compte plus de 3 millions d'abonnés sur YouTube, se présente à son procès en affirmant sa sérénité. Son avocat avait assuré qu'il comparaîtrait "en toute sérénité" et "avec le même état d'esprit qui était le sien pendant l'instruction".
Ce procès, qui s'ouvre dans un contexte de sensibilisation accrue aux violences faites aux femmes, sera attentivement suivi par le public et les médias. La cour criminelle de Paris devra trancher entre les versions divergentes des deux parties, en s'appuyant sur les preuves matérielles et les témoignages présentés.



