Procès du meurtre d'Antonio Delorme : l'accusé craque et avoue une bagarre fatale
Procès meurtre Delorme : l'accusé craque et avoue

Un procès sous tension à Saintes

Le procès du meurtre d'Antonio Delorme, devant la cour d'assises de Charente-Maritime réunie à Saintes, connaît des moments de haute intensité émotionnelle. Ce mercredi 25 février, troisième jour d'audience, le principal accusé, David Bourget, 37 ans, a finalement livré une version des faits après des explications initiales jugées laborieuses et contradictoires. Les débats se déroulent dans un climat particulièrement tendu, nécessitant une surveillance policière renforcée suite à plusieurs incidents.

Des aveux dans l'émotion

Vers 15 heures, après une nouvelle interruption due à des réactions vives du public, David Bourget a pris la parole. Visiblement bouleversé, il s'est adressé directement à la famille de la victime : « Je m'excuse, je regarde toute la famille. Je vous regarde, ça me fait vraiment mal. Je suis là devant vous. Je reconnais que c'était une bagarre et que je ne voulais pas que ça se termine comme ça. » Ces mots, prononcés les larmes aux yeux, ont rompu la loi du silence qui semblait prévaloir jusqu'alors.

L'accusé a décrit une soirée où lui et Antonio Delorme avaient consommé beaucoup d'alcool. « Il m'a juré les morts. On s'est mis quelques coups, il est tombé sur la tête », a-t-il expliqué, s'adressant à Gina, la veuve présente dans la salle. Cette déclaration a provoqué une nouvelle agitation parmi les proches de la victime, nécessitant l'intervention du président de la cour, Franck Wastl-Deligne.

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Un huis clos partiel pour préserver la sérénité

La tension est palpable depuis le début du procès. Mardi matin, un incident avait déjà perturbé les débats lorsqu'un jeune homme avait réussi à approcher l'un des trois accusés, Nicolas Holderbaum. Pour garantir des échanges apaisés, le président a décidé d'un huis clos partiel, limitant la présence aux seules parties civiles. Cette mesure a permis aux proches d'Antonio Delorme d'assister aux audiences, mais n'a pas empêché les manifestations d'émotion.

David Bourget, le teint pâle et se tenant le visage dans les mains, a refusé la pause proposée par le président après ses aveux. Il a également tenté de disculper son frère Moïse Bourget, 40 ans, et leur beau-père Nicolas Holderbaum, affirmant leur non-implication dans les faits.

Des incohérences persistent

Malgré ces déclarations, le président de la cour d'assises a relevé plusieurs contradictions. Les blessures constatées par le médecin légiste - multiples coups au crâne et mort par étouffement dans son sang - ne correspondent pas à une simple chute. La présence d'une barre de fer portant des traces de sang de la victime interroge également, même si l'accusé jure ne jamais l'avoir utilisée.

Franck Wastl-Deligne s'est interrogé sur le timing de ces aveux, alors que le frère de David Bourget est incarcéré depuis trois ans et leur beau-père a effectué un an de détention préventive. « Ça ne vous pose pas problème ? », a demandé le président. L'accusé a répondu : « Je n'ai pas pensé à ça. »

La nuit du drame, le 20 août 2022 dans le camp de gens du voyage de Pennevert à Rochefort, reste marquée par des zones d'ombre. La vidéosurveillance indique une bagarre vers 3h45, mais les secours n'ont été appelés qu'à 4h47 par Nicolas Holderbaum. Antonio Delorme, père de famille, a perdu la vie dans des circonstances que la justice tente toujours d'éclaircir complètement.

Les débats doivent reprendre ce jeudi 26 février pour le quatrième et dernier jour d'audience, où l'ensemble des éléments devraient être examinés avant le délibéré.

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