Procès Maradona : sept soignants jugés pour homicide après l'annulation du premier procès
Procès Maradona : sept soignants jugés pour homicide

Le second procès sur la mort de Diego Maradona s'ouvre en Argentine

Un deuil sans cesse revécu et des questions toujours sans réponse : les circonstances de la mort de Diego Maradona reviennent devant la justice argentine pour un second procès, après l'annulation du premier en 2025. Cette annulation est intervenue en raison de l'implication d'une juge dans un film documentaire préparé en secret. Le « Dieu » du football argentin, jamais détrôné dans le cœur de beaucoup, est-il mort quand son corps usé par les excès et les addictions a cédé ? Ou l'équipe médicale qui le veillait a-t-elle failli, peut-être sciemment ?

Sept professionnels de santé face à la justice

Ces doutes reviennent devant un tribunal fédéral de San Isidro, au nord de Buenos Aires. Sept professionnels de santé, comprenant un médecin, un psychiatre, un psychologue et des infirmiers, seront jugés pendant au moins trois mois, à raison de deux audiences par semaine. Ils sont poursuivis pour « homicide avec dol éventuel », ce qui signifie des négligences commises tout en sachant qu'elles peuvent entraîner la mort. Les accusés encourent des peines de prison allant de 8 à 25 ans.

Les circonstances de la mort de Maradona

Diego Maradona est mort à 60 ans, le 25 novembre 2020, d'une crise cardiorespiratoire couplée à un œdème pulmonaire. Il était seul sur son lit dans une résidence privée où il était en convalescence après une neurochirurgie pour un hématome à la tête. Pour le parquet, l'équipe médicale s'est rendue coupable « d'une hospitalisation à domicile sans précédent », marquée par une « série d'improvisations, de fautes de gestion et de manquements ».

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L'annulation du premier procès

Le premier procès avait été annulé en mai 2025, après plus de 20 audiences sur trois mois et 44 témoins entendus. Cette annulation est due à la collaboration secrète d'une des trois juges, Julieta Makintach, à la production d'une mini-série documentaire sur l'affaire, avec elle-même en vedette. Elle a depuis été destituée. Le nouveau procès sera présidé par un nouveau trio de magistrats.

Les réactions de la famille et des accusés

Pour la famille de Maradona, cette épreuve est particulièrement douloureuse. Jana, une de ses filles âgée de 30 ans, a déclaré : « Rien de tout cela ne devrait être en train de se passer. J'avais d'autres projets pour ma vie. » Elle a confié au site Infobae : « Que ça n'ait pas été résolu alors (au premier procès), pour moi ça a été comme un deuil une seconde fois. » Elle est convaincue plus que jamais que les accusés « ont tué (s)on père ».

Les accusés, quant à eux, nient toute responsabilité dans le décès. La psychiatre Agustina Cosachov a plaidé à la barre : « Mon rôle et ma responsabilité ont été conformes à ma profession, psychiatre, et j'ai toujours agi avec la conviction totale que ce que je faisais était correct dans l'intérêt du patient. »

Les failles révélées lors du premier procès

Le premier procès a mis au jour de sévères failles autour de la fin de vie de Maradona. Notamment, il a soulevé des questions sur le bien-fondé d'une hospitalisation à domicile pour la convalescence, dans une résidence à l'équipement médical manifestement inadapté, sans oxygène, sans sérums et sans moniteur cardiaque. Le niveau de suivi médical a également été critiqué.

Selon des médecins qui ont réalisé l'autopsie, Maradona aurait agonisé « au moins 12 heures » avant d'être retrouvé sur son lit de mort, avec une rigidité suggérant un décès depuis deux heures. Le premier procès avait également soulevé la question de qui était décisionnaire dans l'entourage de la star. Ses filles et une ex-compagne ont dit avoir été tenues à l'écart et sous-informées par l'équipe médicale.

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La « face B » de l'affaire

Fernando Burlando, avocat virulent de Dalma et Gianinna, les filles aînées de Maradona, avait au début du procès parlé d'« assassinat » et évoqué un « intérêt pécuniaire » de tiers au décès de Maradona. Selon lui, cela constituait la « face B » de l'affaire. Pour le procureur Patricio Ferrari, interrogé par l'AFP, « l'échec du premier procès, le fait que la défense ait vu notre méthode nous a obligés à changer de stratégie, mais toujours avec la ferme conviction qu'on empêchera l'impunité des responsables ».