Au procès en appel du financement libyen, la défense des intermédiaires plaide l'absence de preuves
Ce mercredi 20 mai 2026, la cour d'appel de Paris a entendu les plaidoiries des avocats des trois intermédiaires mis en cause dans l'affaire du financement libyen de la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy en 2007. Alexandre Djouhri, Ziad Takieddine et Thierry Gaubert, tous trois poursuivis pour corruption et trafic d'influence, ont vu leurs défenseurs contester point par point les accusations portées par l'accusation.
Maître Olivier Pardo, avocat d'Alexandre Djouhri, a ouvert le bal en affirmant que « chaque élément pris isolément trouve une explication rationnelle ». Il a souligné que les flux financiers incriminés pouvaient être justifiés par des activités professionnelles légitimes, notamment dans le cadre de contrats commerciaux entre la Libye et des entreprises françaises. Selon lui, l'accusation s'appuie sur un faisceau d'indices insuffisant pour établir la culpabilité de son client.
De son côté, Me Patrick Maisonneuve, représentant Thierry Gaubert, a dénoncé une « instrumentalisation politique de la justice ». Il a rappelé que son client, ancien collaborateur de Nicolas Sarkozy, n'a jamais eu de lien direct avec les décisions de financement et que les témoignages à charge proviennent de personnes aux antécédents judiciaires troubles. Il a également pointé du doigt les contradictions dans les déclarations des anciens dignitaires libyens.
Enfin, l'avocat de Ziad Takieddine, Me Éric Dupond-Moretti, a critiqué la méthode de l'accusation, estimant que « la justice ne peut se contenter de soupçons ». Il a plaidé pour une relaxe pure et simple, arguant que les preuves matérielles manquent pour étayer l'accusation de financement occulte. Il a également mis en avant le rôle d'intermédiaire commercial de son client, qui aurait facilité des contrats d'armement sans lien avec la campagne électorale.
L'accusation, représentée par le parquet général, a maintenu sa position, rappelant les nombreuses réunions et transferts d'argent suspects entre la Libye et les proches de Nicolas Sarkozy. Elle a requis des peines allant de 3 à 6 ans de prison ferme contre les trois hommes. Le verdict est attendu dans les prochaines semaines.
Ce procès en appel, qui fait suite à une condamnation en première instance en 2023, est suivi avec attention par les observateurs politiques. Il intervient dans un contexte où la question du financement des campagnes électorales reste sensible en France. La défense espère obtenir une décision plus clémente, tandis que l'accusation cherche à faire confirmer les peines prononcées.



