Procès en novembre pour trois policiers dans l'affaire Michel Zecler
Procès en novembre pour trois policiers dans l'affaire Zecler

Un procès attendu pour une affaire qui avait choqué la France

Trois policiers seront jugés en novembre pour l'agression à Paris du producteur de musique noir Michel Zecler, six ans après des violences qui avaient provoqué une onde de choc jusqu'au sommet de l'État. L'Agence France Presse (AFP) a appris cette information mardi 10 février de sources proches du dossier, confirmant ainsi une révélation initiale de Paris Match.

Les charges retenues contre les forces de l'ordre

Les trois fonctionnaires de police comparaîtront du 9 au 19 novembre devant la cour criminelle départementale de Paris. Ils sont poursuivis pour violences volontaires avec incapacité totale de travail supérieure à quarante-cinq jours, commises par personne dépositaire de l'autorité publique, en réunion et avec arme. À ces accusations s'ajoute celle de faux en écriture publique par personne dépositaire de l'autorité publique (PDAP).

Il est important de noter que les juges d'instruction ont écarté l'éventuel caractère raciste de l'agression, bien que la Défenseure des droits ait retenu cette qualification dans sa propre décision concernant cette affaire.

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Le déroulement des événements du 21 novembre 2020

En début de soirée du 21 novembre 2020, Michel Zecler a été violemment passé à tabac dans son studio de musique situé dans le 17ᵉ arrondissement de Paris. L'intervention policière avait été déclenchée par plusieurs motifs :

  • Une supposée « forte odeur de cannabis »
  • Une « absence du port du masque » dans le contexte du regain épidémique de Covid-19

Initialement, une enquête pour « violences » et « rébellion » dont les policiers accusaient M. Zecler avait été rapidement classée. La vérité a éclaté cinq jours plus tard lorsque le média Loopsider a révélé les images de vidéosurveillance qui contredisaient catégoriquement la version policière des faits.

Les conséquences judiciaires et les aveux

La diffusion de ces images a provoqué une indignation nationale et a conduit à la mise en garde à vue des policiers impliqués. Ces derniers ont finalement reconnu avoir porté des coups injustifiés au producteur de musique.

Un quatrième policier fera l'objet d'une procédure distincte devant le tribunal correctionnel de Paris pour violences volontaires n'ayant pas entraîné d'incapacité totale de travail. Il lui est reproché d'avoir jeté une grenade lacrymogène MP7 dans le studio de musique où s'étaient réfugiés M. Zecler et plusieurs jeunes. L'usage de cette arme est formellement proscrit en intérieur, ce qui ajoute une dimension supplémentaire à cette affaire complexe.

Le long chemin vers la justice

Michel Zecler lui-même a témoigné des difficultés rencontrées après cette agression, déclarant : « Je n'aurais pas pu continuer à mettre un pied devant l'autre sans l'aide que j'ai reçue ». Son cas est devenu emblématique des questions de violences policières et du traitement des minorités en France.

Le procès qui s'ouvrira en novembre 2024 marquera une étape cruciale dans cette affaire qui continue de susciter de vifs débats sur les relations entre la police et la population, ainsi que sur les mécanismes de contrôle des forces de l'ordre.

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