Violences policières contre Michel Zecler : trois agents jugés en novembre 2026
Procès en novembre pour l'agression de Michel Zecler

Violences contre Michel Zecler : trois policiers devant la justice en novembre

Trois policiers parisiens seront jugés en novembre 2026 pour l'agression violente du producteur de musique Michel Zecler, survenue en novembre 2020. Cette affaire, qui avait profondément choqué l'opinion publique et atteint les plus hautes sphères de l'État, connaîtra ainsi son épilogue judiciaire près de six ans après les faits.

Les faits d'une extrême gravité

Le 21 novembre 2020, Michel Zecler avait été interpellé devant son domicile parisien pour non-port du masque, en pleine période de regain de l'épidémie de Covid-19, et sous suspicion de consommation de cannabis. La situation avait rapidement dégénéré lorsque les agents l'avaient conduit dans son studio d'enregistrement voisin pour le passer à tabac pendant plusieurs minutes.

Ces violences avaient été intégralement filmées par une caméra de vidéosurveillance, et les images, révélées par le média Loopsider, étaient devenues virales sur les réseaux sociaux. L'ordonnance de renvoi qualifie cette "avalanche de coups" de "non nécessaire" et s'inscrivant dans le cadre d'une "action illégitime".

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Les accusations et la question du racisme

Les trois policiers, âgés de 28, 37 et 49 ans, comparaîtront du 9 au 19 novembre devant la cour criminelle départementale de Paris. Ils sont poursuivis pour violences volontaires avec incapacité totale de travail supérieure à 45 jours, commises en réunion, avec arme, et par personne dépositaire de l'autorité publique. Ils sont également accusés de faux en écriture publique.

Si Michel Zecler affirme depuis le début qu'un policier l'a traité de "sale nègre" et qu'un autre a tenu des propos racistes, les juges d'instruction ont écarté le caractère raciste de l'agression. Ils ont estimé que les éléments de preuve "ne sont pas à la hauteur des standards applicables à la matière pénale", une décision que l'avocate du producteur, Me Caroline Toby, a vivement regrettée.

Les réactions institutionnelles

La Défenseure des droits, Claire Hédon, a pointé en novembre dernier des faits d'une "extrême gravité", tant pour la victime que pour l'image de la police et la confiance des citoyens. Elle a réclamé que les policiers concernés passent enfin devant un conseil de discipline pour des manquements déontologiques graves.

Un quatrième fonctionnaire de police, âgé de 40 ans, sera jugé séparément en correctionnelle pour avoir lancé une grenade lacrymogène contre Michel Zecler et plusieurs jeunes hommes présents sur les lieux.

Une longue attente pour la justice

Me Caroline Toby a souligné que son client "ne souhaitait rien de moins que la tenue de ce procès, pour enfin mettre cette longue épreuve derrière lui". Les avocats des différentes parties, contactés par l'AFP, n'ont pas souhaité commenter cette future audience judiciaire.

Cette affaire s'inscrit dans une série de cas où des vidéos ont contredit les versions initiales des forces de l'ordre, soulevant des questions cruciales sur les pratiques policières et le contrôle de leur action.

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