Procès du policier de la BAC pour le meurtre d'Olivio Gomes en 2020
Procès du policier de la BAC pour meurtre d'Olivio Gomes

Le procès d'un policier de la BAC pour le meurtre d'Olivio Gomes s'ouvre aux Yvelines

Depuis ce vendredi, Gilles G., un policier de 35 ans de la brigade anticriminalité parisienne, comparaît devant la cour d'assises des Yvelines. Il est accusé d'avoir tué Olivio Gomes, un automobiliste de 28 ans, de trois balles en octobre 2020. L'accusé, vêtu d'un costume noir et portant des lunettes rectangulaires, est jugé libre sous contrôle judiciaire, avec interdiction de porter une arme et d'exercer sur la voie publique. Dans la salle d'audience, il a pris place sur une chaise face à la cour, aux côtés de son avocat.

Une filature nocturne et inexpliquée sur le périphérique parisien

Dans la nuit du 16 au 17 octobre 2020, la Clio d'Olivio Gomes a été prise en filature sur le périphérique parisien puis sur l'A13 par un équipage de la BAC de nuit. Selon l'ordonnance de mise en accusation, les policiers ont suivi discrètement le véhicule jusqu'à Poissy, dans les Yvelines, sans activer gyrophare ni sirène. À l'arrière de la Passat noire siglée « police » se trouvait Gilles G., accompagné de deux collègues.

Après environ un quart d'heure, les policiers ont fait signe à la voiture de quitter l'autoroute, mais le conducteur n'a pas obtempéré immédiatement. La juge d'instruction a estimé que « le refus d'obtempérer est caractérisé ». Cependant, l'équipage de la BAC ignorait que le conducteur avait confié à ses deux amis, passagers de la Clio, qu'il ne voulait pas s'arrêter car il conduisait sans permis. Des analyses ultérieures ont révélé qu'il avait également consommé du cannabis et de l'alcool.

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Une version policière contredite par les preuves vidéo

Lors de l'enquête initiale menée par l'Inspection générale de la police nationale, les policiers ont expliqué avoir voulu contrôler la Clio en raison d'une conduite dangereuse, décrivant « des embardées entre les voies au milieu d'une circulation importante ». Toutefois, cette version a été mise à mal par les enregistrements de vidéosurveillance, qui ont démontré qu'aucune infraction n'avait été commise par Olivio Gomes.

La voiture a finalement emprunté une sortie et poursuivi sa route jusqu'à la cité Beauregard à Poissy, où elle s'est arrêtée en bas de la résidence du conducteur. C'est à ce moment que Gilles G. est sorti du véhicule siglé et a pointé son arme en direction d'Olivio Gomes. Alors que la Clio redémarrait, le policier a tiré à trois reprises, perforant les deux poumons et l'aorte thoracique de l'automobiliste, entraînant sa mort.

Des expertises judiciaires qui démentent la défense de l'accusé

Au cours de l'enquête, Gilles G. a affirmé avoir « tiré pour protéger sa vie », niant toute intention homicide. Il a soutenu qu'Olivio Gomes aurait tenté de l'écraser en redémarrant sa voiture. Cependant, des expertises judiciaires approfondies ont sérieusement mis à mal cette version des faits. L'enquête a également révélé que le policier pratiquait assidûment le tir sportif et possédait cinq armes « à titre personnel », en plus de son arme de service.

Contacté par les médias, son avocat Laurent-Franck Liénard n'a pas souhaité s'exprimer avant le procès. De son côté, Pape Ndiogou Mbaye, avocat de la famille du défunt, a déclaré à l'AFP que celle-ci n'avait « aucun sentiment de vengeance » mais « exige que justice soit rendue ». Le verdict de ce procès très attendu est prévu pour le 26 mars, marquant un moment crucial dans cette affaire qui interroge les pratiques policières et le système judiciaire.

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