Un procès sous haute tension à Châteauroux
La mère du meurtrier du jeune Matisse comparaît ce vendredi devant le tribunal correctionnel de Châteauroux. Cette femme de nationalité afghane, âgée de 39 ans, est jugée pour « violences sur personne vulnérable sans ITT ». Elle encourt jusqu'à trois années d'emprisonnement pour des faits survenus le 27 avril 2024.
Des accusations graves dans une affaire sensible
L'accusée est soupçonnée d'avoir porté des gifles et des coups à l'adolescent de 15 ans, peu de temps avant que celui-ci ne soit mortellement poignardé par son propre fils. L'audience, initialement prévue en septembre dernier, avait été reportée pour permettre à son avocat, désigné tardivement, d'étudier le dossier en profondeur.
Le procureur de la République de Châteauroux, David Marcat, a indiqué qu'il ne s'exprimera devant la presse qu'« uniquement à l'issue de l'audience ». Il avait précédemment annoncé à l'AFP qu'un dispositif de sécurité exceptionnel serait déployé autour du palais de justice, rappelant les tensions passées.
Un contexte sécuritaire particulièrement tendu
En mai dernier, à la fin du procès de son fils, la prévenue avait été violemment prise à partie. Elle avait dû quitter le tribunal sous les insultes, escortée par des forces de l'ordre, avant d'être exfiltrée en véhicule. La ville de Châteauroux reste profondément marquée par le meurtre de Matisse, nécessitant des mesures préventives rigoureuses.
Le parquet avait alors souligné vouloir éviter « toute récupération inadaptée » par des groupuscules d'extrême droite, la mère et son fils étant de nationalité afghane et en situation régulière en France. Durant le procès précédent, les accès au palais de justice avaient été strictement filtrés et des patrouilles policières renforcées dans le centre-ville.
Le déroulement des faits et la qualification juridique
L'audience du meurtrier s'était déroulée à huis clos devant le tribunal pour enfants. L'adolescent, aujourd'hui âgé de 17 ans, a été condamné à huit ans de prison ferme et à une injonction de soins de quinze ans pour le meurtre de Matisse. La dispute avait éclaté après une battle de rap dans le quartier Saint-Denis, conduisant l'agresseur à prendre un couteau chez lui avant de porter les coups fatals.
La mère accompagnait son fils ce jour-là et est suspectée d'avoir frappé la victime à la tête. Après sa garde à vue, elle a été présentée à un juge d'instruction du pôle criminel de Bourges, mise en examen et placée sous contrôle judiciaire. Le procureur David Marcat a précisé que ces coups « ont été portés sur le jeune homme alors qu'il était en train de décéder », mais qu'ils n'ont pas « entraîné sa mort », justifiant ainsi la qualification de violences sans incapacité totale de travail.
Me Brice Tayon, l'avocat des parties civiles, n'a pas répondu aux sollicitations des médias, ajoutant au silence entourant cette affaire judiciaire particulièrement sensible.



