Procès du chien Curtis à Soissons : la défense conteste la présence de la vénerie
Procès Curtis à Soissons : tensions sur la présence de la vénerie

Ouverture houleuse du procès de Christophe Ellul à Soissons

Le procès de Christophe Ellul s'est ouvert ce mardi 3 mars devant le tribunal correctionnel de Soissons dans une atmosphère électrique. Les débats se sont rapidement enflammés entre la défense et les parties civiles, créant un climat de tension palpable dans la salle d'audience.

Une contestation procédurale immédiate

Vêtu d'un costume et d'une chemise sombre, Christophe Ellul, propriétaire du chien Curtis mis en cause dans la mort tragique d'Élisa Pilarski, s'est avancé à la barre. La jeune femme de 29 ans, originaire de Rébénacq dans le Béarn, a perdu la vie en novembre 2019 en forêt de Retz.

L'audience à peine ouverte, l'avocat de la défense, Me Alexandre Novion, a immédiatement soulevé une difficulté procédurale. Son objection visait directement son confrère Me Guillaume Demarce, avocat de la société de vénerie qui se constituait partie civile. « Je ne vois pas ce que cette association vient faire dans ce procès », a tonné Me Novion. « Quel est son lien direct avec l'infraction ? »

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La vénerie en ligne de mire

Le jour des faits tragiques, une chasse à courre se déroulait au moment où la jeune femme promenait Curtis en forêt. Bien que les chiens de chasse aient été mis hors de cause à l'issue de l'enquête, la vénerie estime avoir subi une atteinte à sa réputation.

Me Novion a martelé sa position : « Un procès pénal n'est pas un barnum où tout le monde peut entrer ». Le tribunal a finalement joint l'incident au fond, permettant au procès de débuter véritablement.

Un appel à la dignité

La présidente du tribunal a rappelé l'importance du respect dans cette affaire particulièrement douloureuse : « On ne va pas passer trois jours à s'interrompre les uns, les autres. Je vous demande de la dignité pour les familles et pour la justice. Nous jugeons une affaire particulièrement difficile ».

Le portrait d'un homme épuisé

Christophe Ellul, longuement interrogé, s'est défendu d'avoir eu connaissance de la dangerosité de son chien. Il a évoqué avec émotion les conditions d'acquisition de Curtis et sa rencontre avec Élisa.

« Curtis, c'était notre chien de famille », a-t-il expliqué. « C'était un chiot de 3 mois quand je l'ai acheté. Entre Élisa et lui, ça s'est bien passé tout de suite. Il y avait quelque chose de fusionnel. Elle aimait les animaux, ses chevaux et les chiens. Elle disait que Curtis était un amour ».

Sous le feu des questions du tribunal et du ministère public, Christophe Ellul a fait part de son épuisement : « Je suis fatigué... Ça fait sept ans que ça dure. J'en ai plein la tête ». Le procès, qui promet d'être intense, se poursuivra jusqu'au jeudi 5 mars.

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