Un élu de l'Hérault engage des poursuites judiciaires contre le maire de Béziers
Dans un contexte politique tendu à l'approche des élections municipales, Jean-Louis Respaud, conseiller départemental de l'Hérault, a officiellement porté plainte contre Robert Ménard, maire de Béziers, pour injure publique. Cette démarche judiciaire fait suite à un incident survenu samedi 14 février 2026 lors de l'assemblée du Souvenir français à la maison Daniel-Cordier de Béziers.
Une insulte publique qui fait déborder le vase
Selon le récit détaillé de Jean-Louis Respaud, Robert Ménard l'aurait traité de "fumier" à l'issue de son discours, alors qu'il descendait de la tribune. "Il est descendu de la tribune, s'est arrêté une seconde ou deux et m'a traité de 'fumier', ça s'est entendu", affirme le conseiller départemental, précisant qu'il dispose de quatre témoignages directs pour étayer sa version des faits.
Cette insulte publique représente pour Respaud l'aboutissement de trois années de tensions et d'invectives qu'il dit subir de la part du maire de Béziers. "Cela fait trois ans que je subis invectives et remarques", explique-t-il, ajoutant que "la coupe est visiblement pleine".
Des divergences politiques anciennes
Les relations entre les deux hommes se sont détériorées il y a près de quatre ans, lorsque Jean-Louis Respaud a tourné le dos à Robert Ménard pour des divergences de positionnement politique. Élu initialement avec le soutien du maire de Béziers, le conseiller départemental a depuis rejoint les rangs du Rassemblement national après un passage chez Reconquête.
Il figure aujourd'hui sur la liste de Julien Gabarron, candidat du RN à la mairie de Béziers, ce qui selon Respaud "explique une acrimonie renforcée" entre lui et le maire sortant.
Une réponse judiciaire réfléchie
Maître de conférences à l'Université de Montpellier et spécialiste en droit de l'économie, Jean-Louis Respaud a minutieusement préparé sa riposte. Mardi après-midi, il s'est rendu personnellement au tribunal de Béziers pour déposer sa plainte avec constitution de partie civile auprès du doyen des juges d'instruction.
Cette procédure particulière, rendue possible par la nature des faits dénoncés, s'accompagne de courriers adressés à la préfète et au sous-préfet de l'Hérault, ainsi qu'à Kléber Mesquida, président du Département. "J'ai adressé un courrier à la préfète et au sous-préfet qui sont garants de la vie démocratique", précise Respaud.
La défense de Robert Ménard
Contacté par Midi Libre, Robert Ménard a réagi à ces accusations en affirmant : "Je ne me serais jamais permis de l'injurier publiquement, je lui ai simplement fait part, en privé, de ma juste considération". Le maire de Béziers reconnaît ainsi avoir exprimé son opinion sur Jean-Louis Respaud, mais insiste sur le caractère privé de ces échanges.
Un principe fondamental invoqué
Au-delà de l'affront personnel, Jean-Louis Respaud soulève une question de principe qu'il juge essentielle en période pré-électorale : "La violence, y compris verbale, n'a pas de place en politique". Pour le conseiller départemental, la campagne des municipales représente "l'occasion rêvée pour le dénoncer".
Cet incident intervient dans un climat politique particulièrement tendu à Béziers, où les rivalités entre formations politiques s'exacerbent à l'approche du scrutin municipal. La plainte déposée par Jean-Louis Respaud pourrait ainsi avoir des répercussions significatives sur la campagne électorale en cours dans la ville héraultaise.



