Une plainte déposée par Anticorruption élargit l'enquête sur Jack Lang
L'association AC!! Anticorruption a formellement déposé, ce mardi, une nouvelle plainte auprès du Parquet national financier. Cette démarche judiciaire vise spécifiquement les possibles liens financiers entre l'ancien ministre Jack Lang et le criminel sexuel Jeffrey Epstein, ainsi que la gestion de l'Institut du monde arabe sous sa présidence. Cette information a été confirmée par une source proche du dossier, ajoutant une dimension supplémentaire à une affaire déjà complexe.
Une enquête préliminaire ouverte et des perquisitions menées
Le Parquet national financier a officiellement ouvert une enquête préliminaire le 6 février dernier. Cette investigation, confiée à l'Office national anti-fraude, se concentre sur des soupçons de « blanchiment de fraude fiscale aggravée » concernant Jack Lang, âgé de 86 ans, et sa fille Caroline. Dans le cadre de cette procédure, des perquisitions ont été diligentées lundi, notamment au siège de l'Institut du monde arabe. Jack Lang a récemment quitté la présidence de cette institution, qu'il occupait depuis 2013, sous la pression des événements.
À ce stade de l'enquête, aucune charge formelle n'a été retenue contre l'ancien ministre. Cependant, les documents judiciaires américains rendus publics mentionnent son nom à pas moins de 673 reprises dans des échanges avec Jeffrey Epstein. Ces révélations mettent en lumière des liens d'intérêt présumés avec le financier américain, décédé en détention en 2019.
Les détails de la nouvelle plainte et les éléments avancés
Il s'agit de la seconde plainte déposée par l'association AC!! Anticorruption. La première, datée du 6 février, visait déjà une série d'infractions incluant la fraude fiscale, le blanchiment d'argent et le défaut de déclaration de comptes à l'étranger. La nouvelle plainte élargit considérablement le champ des accusations en ajoutant le détournement de fonds publics, des infractions liées aux marchés publics et l'usage de faux documents.
Dans le dossier soumis, l'association analyse méticuleusement une série de courriels issus des fichiers d'Epstein. Ces communications électroniques semblent illustrer des liens financiers potentiels entre Jack Lang, sa fille Caroline, et Jeffrey Epstein. Ces connexions passeraient par l'intermédiaire d'une société offshore domiciliée dans le paradis fiscal des îles Vierges des États-Unis, comme initialement rapporté par Mediapart.
« AC!! a été rendue destinatrice ces derniers jours de quatre courriels transmis par des lanceurs d'alerte », a précisé son président, Marcel Claude, dans un entretien avec l'AFP. Des analyses approfondies de ces documents auraient permis de « matérialiser de nouvelles preuves de liens formels » entre les différents protagonistes et Jeffrey Epstein, centrées sur les activités de cette société offshore.
Un rapport de la Cour des comptes critique la gestion de l'IMA
La plainte s'appuie également sur un rapport récent de la Cour des comptes, publié fin 2024, qui examine la gestion de l'Institut du monde arabe sur la période 2012-2023. Ce document officiel formule des critiques sévères concernant plusieurs aspects de l'administration de l'institution sous la présidence de Jack Lang.
- Il pointe du doigt une gestion générale jugée problématique.
- Il relève que la rémunération de certains collaborateurs proches de Jack Lang a été établie « dans des conditions juridiquement contestables ».
- Il souligne un manque de contrôle évident au niveau de la gouvernance de l'établissement.
Les réactions de Jack Lang face aux accusations
Alors que les perquisitions se déroulaient à l'IMA, Jack Lang a tenu à réagir. « Je suis totalement serein, confiant », a-t-il déclaré à l'AFP, affirmant n'avoir « rien à cacher ». Dans un courrier officiel adressé au ministre des Affaires étrangères, dont dépend l'institut, l'ancien ministre a également insisté : « Les accusations portées à mon encontre sont inexactes et je le démontrerai ». Il maintient donc sa position de totale coopération avec la justice tout en rejetant fermement les allégations portées contre lui et sa fille.



