Le parquet de Paris nie avoir connaissance d'un refus américain de coopérer dans l'enquête sur X
Dans un communiqué transmis à l'agence Reuters, le parquet de Paris a déclaré n'avoir aucune connaissance d'une lettre du ministère américain de la Justice, citée par le Wall Street Journal, dans laquelle le département américain aurait signifié son refus de coopérer à l'enquête française visant la plateforme X. Selon le journal, le ministère américain reprocherait au système judiciaire français de s'immiscer dans les affaires d'une entreprise américaine.
Une enquête aux multiples chefs d'accusation
Cette enquête, qui a déjà donné lieu plus tôt cette année à des perquisitions dans les locaux français de la plateforme, porte notamment sur des infractions de complicité de détention et de diffusion d’images de mineurs présentant un caractère pédopornographique. Elle concerne également l’utilisation du modèle d’intelligence artificielle de X, Grok, pour la création de deepfakes à caractère sexuel sans le consentement des victimes, a précisé le parquet dans son communiqué.
Elon Musk et Linda Yaccarino visés par la justice française
Elon Musk, propriétaire de X mais aussi de Tesla et de SpaceX, est attendu lundi 20 avril pour une audition libre devant les enquêteurs français. Il avait déjà été convoqué début février, dans le cadre d’une procédure prolongée depuis janvier 2025, à la suite notamment d’une perquisition dans les locaux de la plateforme. L’ancienne directrice générale de X, Linda Yaccarino, est également visée en leur qualité de gérant de fait et de droit de la plateforme X au moment des faits, selon le parquet de Paris.
Une coopération internationale mise en œuvre
Dans le cadre de la coopération pénale internationale, certaines pièces de la procédure française ont été transmises au ministère américain de la Justice, ainsi qu’aux bureaux des procureurs généraux de Californie et de New York, mais aussi à plusieurs parquets européens, précise encore le ministère public.
X dénonce une procédure abusive et politiquement motivée
X, de son côté, dénonce un acte judiciaire abusif fondé selon la plateforme sur des motivations politiques. Le réseau social affirme ne pas se laisser intimider et conteste toute infraction, estimant que les allégations à l’origine de la perquisition sont infondées. Il considère par ailleurs que la justice française chercherait à exercer une pression sur sa direction aux États-Unis via sa filiale française.
Des investigations élargies et des témoins convoqués
L’enquête préliminaire est partie de signalements évoquant un biais dans les algorithmes de la plateforme, avant d’être élargie à l’été 2025, notamment après de nouveaux signalements concernant le fonctionnement de Grok, l’intelligence artificielle de X, soupçonnée d’avoir diffusé des contenus négationnistes et des deepfakes à caractère sexuel.
Des salariés de X sont également convoqués de lundi à jeudi pour être entendus en qualité de témoins. Les investigations sont menées par la section de lutte contre la cybercriminalité du parquet de Paris, en coopération avec l’unité nationale cyber de la gendarmerie et Europol, dans un cadre de collaboration internationale.
Un dossier suivi de près à l’international
En parallèle, le parquet rappelle que la procédure française prévoit la possibilité pour les mis en cause de s’exprimer sur les faits reprochés, les convocations en audition libre n’impliquant pas une obligation de présence, même si leur absence ne fait pas obstacle à la poursuite des investigations.
Le dossier s’inscrit dans un contexte de surveillance accrue de la plateforme X par plusieurs régulateurs et gouvernements, concernant notamment la modération des contenus, les pratiques de données et le respect des législations nationales. Cette affaire souligne les tensions croissantes entre les autorités judiciaires françaises et les géants technologiques américains, dans un paysage international de plus en plus complexe.



