Le parquet de Paris relance l'examen du dossier Brunel dans l'affaire Epstein
Le parquet de Paris a annoncé samedi procéder à une réanalyse intégrale du dossier d'instruction concernant Jean-Luc Brunel, ancien agent de mannequins et proche du pédocriminel Jeffrey Epstein. Cette information judiciaire avait été clôturée par un non-lieu en juillet 2023 suite au décès de Jean-Luc Brunel, mais les autorités françaises souhaitent désormais en extraire tous les éléments utiles pour de potentielles nouvelles investigations.
Un dossier rouvert pour exploitation future
L'objectif affirmé par le parquet est de "pouvoir en extraire toute pièce susceptible d'être utilement réexploitée dans un nouveau cadre d'enquête". Cette décision intervient alors qu'aucune autre personne n'avait été mise en examen dans ce dossier spécifique, laissant des zones d'ombre sur les complicités françaises dans le système Epstein.
Le parquet de Paris avait été initialement saisi à l'été 2019 suite à :
- Deux signalements de l'association Innocence en danger
- Un courrier de l'association Femme et libre
- Des allégations évoquant des complicités françaises dans l'affaire Epstein
Jean-Luc Brunel : un rouage essentiel du système Epstein
Les enquêteurs de l'OCRVP (Office central pour la répression des violences aux personnes) avaient synthétisé des éléments inquiétants concernant Jean-Luc Brunel :
- Il était un ami proche de Jeffrey Epstein
- Il offrait des emplois de mannequins à de jeunes filles pauvres
- Il s'était livré à des actes sexuels avec des mineures dans plusieurs pays
Dix femmes avaient mis en cause M. Brunel, décrivant des situations où elles avaient été conduites à boire de l'alcool, avaient perdu leurs moyens voire connaissance, et s'étaient vu imposer des relations sexuelles, certaines n'étant pas encore majeures à l'époque des faits.
Le rôle d'acheminement de jeunes filles vers Epstein
L'une des plaignantes a décrit Jean-Luc Brunel comme "celui qui acheminait de nouvelles jeunes filles à Jeffrey Epstein, sous prétexte de shootings photo, depuis l'Europe de l'Est ou l'Amérique latine". D'autres témoignages évoquent des contraintes sexuelles exercées par Brunel et Epstein, profitant du jeune âge des victimes et de l'emprise qu'ils avaient sur elles.
Plusieurs femmes avaient répondu à un appel à témoins pour décrire des soirées parisiennes marquées par :
- La consommation de fortes quantités d'alcool et de cocaïne
- La mise en contact de jeunes filles avec Jean-Luc Brunel
- Une atmosphère de prostitution et de drogues malsaines pour les mineurs
- Un climat de violences sexuelles
Une plaignante spécifique avait reproché à Jean-Luc Brunel de l'avoir violée dans les années 1980, lorsqu'elle était tout juste majeure et travaillait comme mannequin. Les enquêteurs avaient noté que les agissements sexuels avec des mineures s'étaient déroulés aux États-Unis, dans les Îles Vierges américaines, à Paris et dans le sud de la France.
Cette réouverture du dossier par le parquet de Paris montre la détermination des autorités judiciaires françaises à ne pas laisser dans l'ombre les aspects français de l'affaire Epstein, même après le décès des principaux suspects. La réanalyse complète du dossier pourrait permettre de nouvelles avancées dans la compréhension des réseaux d'exploitation sexuelle mis en place par Jeffrey Epstein et ses complices.



