Nice : objectif zéro point de deal aux Moulins d'ici fin 2026, la lutte s'intensifie
Nice : zéro point de deal aux Moulins d'ici fin 2026

Nice : la guerre contre le narcotrafic aux Moulins s'accélère

Bravant la pluie et la vigilance des guetteurs, un drone de la police nationale s'élève dans le ciel niçois pour filmer l'un des derniers points de deal actifs du quartier des Moulins. Cette scène illustre la détermination des forces de l'ordre à éradiquer le trafic de stupéfiants dans ce secteur emblématique de l'ouest niçois. Le préfet des Alpes-Maritimes, Laurent Hottiaux, et le procureur de la République de Nice, Damien Martinelli, ont réaffirmé leur priorité : atteindre l'objectif zéro point de deal d'ici la fin de l'année 2026.

Des résultats spectaculaires mais des défis persistants

En 2023, douze points de deal maillaient les Moulins. Aujourd'hui, l'État n'en recense plus que cinq, dont seulement deux sont réellement actifs, situés place des Amaryllis et boulevard Paul-Montel. Le préfet Laurent Hottiaux insiste sur l'importance de cette reconquête : « La lutte contre le trafic de stupéfiants est la priorité numéro 1 dans le département. Elle vise à reprendre le contrôle de l'espace public et à démanteler en profondeur les réseaux criminels. »

Les chiffres témoignent de cette intensification : l'an dernier, 569 procédures judiciaires ont été engagées dans le quartier, aboutissant à 706 gardes à vue et 102 incarcérations. Les saisies ont bondi, avec notamment 60,85 kg de cannabis, 25,47 kg de cocaïne et 244 678 euros saisis. En 2026, le rythme s'est encore accéléré, avec déjà 207 gardes à vue et 47 écrous à la mi-avril.

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L'adaptation des trafiquants : le défi de la narcolivraison

Si les points de deal physiques reculent, les forces de l'ordre doivent faire face à une nouvelle menace : la narcolivraison, souvent appelée « Ubershit ». Cette évolution complique les enquêtes, mais le procureur Damien Martinelli reste optimiste : « Quand vous faites fermer un point de deal, vous faites cesser les nuisances et baissez l'intensité de la violence. La gendarmerie et le service de police judiciaire multiplient les opérations contre ces réseaux. »

Le commissaire divisionnaire Eric Antonetti, chef du service interdépartemental de la police judiciaire, explique : « Cela demande de l'adaptation, mais ce n'est pas insurmontable. Les trafiquants vont s'adapter, mais nous aussi, avec des investigations courtes et approfondies pour remonter les filières. »

Un quartier meurtri qui aspire à la tranquillité

Les habitants des Moulins, marqués par des drames comme l'incendie criminel de juillet 2024 et la fusillade d'octobre 2025, observent des changements. Un quinquagénaire témoigne anonymement : « Il y a un mieux, déjà. Des bandes qui trafiquent, ça a toujours existé, mais ça s'est calmé. Il y a moins de deal, moins d'allers et venues. C'est très bien pour les enfants. »

Une quadragénaire nuance cependant : « Ça s'améliore... sans s'améliorer. Tant qu'il y a des forces de l'ordre, ça ralentit. Mais dès qu'ils partent, c'est rebelote. Pour éviter aux petits la tentation de l'argent facile, la réponse devra aussi être sociale. »

Cannes se prépare aussi à lutter contre le narcotrafic

À l'approche du Festival de Cannes, le maire David Lisnard a décidé de durcir le ton. Il alerte sur la diffusion du trafic vers des artères exposées comme la Croisette et demande une opération coordonnée entre police nationale, municipale et justice. L'objectif est de surveiller et sanctionner sans relâche pendant l'événement, avec des contrôles quotidiens et le déploiement d'une brigade canine.

Cette bataille contre le narcotrafic, menée sur tous les fronts, montre que les autorités ne relâchent pas leurs efforts. Avec des méthodes innovantes et une coordination renforcée, l'espoir d'un quartier des Moulins libéré de ce fléau reste plus que jamais d'actualité.

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