Mort d'Adama Traoré : le non-lieu confirmé, la famille saisit la Cour européenne
Mort d'Adama Traoré : non-lieu confirmé, recours à la CEDH

Près de dix années après le décès tragique d'Adama Traoré, le non-lieu accordé aux gendarmes impliqués a été définitivement confirmé par la plus haute juridiction française. Cette décision marque la fin d'une longue bataille judiciaire pour la famille du jeune homme, âgé de 24 ans au moment des faits, qui réclamait une nouvelle enquête.

Une confirmation définitive après dix ans de procédures

La Cour de cassation a rendu son arrêt mercredi 11 février, validant ainsi le non-lieu prononcé en faveur des gendarmes du Val-d'Oise. Cette affaire, devenue emblématique des accusations de violences et de racisme au sein des forces de l'ordre, avait débuté le 19 juillet 2016 dans la gendarmerie de Persan.

Le non-lieu initial, obtenu en juillet 2023, avait déjà été confirmé en appel en mai 2024. Avec cette dernière décision de la Cour de cassation, la procédure devant les tribunaux français s'achève définitivement, laissant la famille sans recours national.

La famille se tourne vers la Cour européenne des droits de l'Homme

Me Yassine Bouzrou, l'avocat de la famille Traoré, a immédiatement annoncé son intention de saisir la Cour européenne des droits de l'Homme. "Nous allons déposer un recours devant la CEDH pour faire condamner la France", a-t-il déclaré, ajoutant : "Nous ferons en sorte que cette condamnation soit exemplaire."

Cette annonce intervient alors que de nombreuses manifestations de soutien à la famille s'étaient tenues en 2023 à travers la France, notamment à Montpellier, témoignant de l'émotion et des tensions persistantes autour de ce dossier.

Un dossier qui continue de diviser

L'affaire Adama Traoré reste l'une des plus médiatisées et controversées de la dernière décennie en France. Elle soulève des questions fondamentales sur :

  • Les conditions d'intervention des forces de l'ordre
  • La transparence des enquêtes judiciaires
  • La lutte contre les discriminations raciales
  • L'accès à la justice pour les familles des victimes

Le recours devant la Cour européenne des droits de l'Homme représente désormais le dernier espoir pour la famille Traoré d'obtenir une condamnation de l'État français, près de dix ans après la mort du jeune homme.