Guillaume Meurice contre Radio France : le prud'hommes renvoie l'affaire à un juge départiteur
Meurice vs Radio France : procès renvoyé à un juge départiteur

Le conflit entre Guillaume Meurice et Radio France se poursuit devant la justice

Le conseil de prud'hommes de Paris a rendu une décision attendue ce lundi 9 février, concernant le litige opposant l'humoriste et chroniqueur Guillaume Meurice à son ancien employeur, Radio France. Les quatre conseillers prud'homaux n'ont pas réussi à trouver un accord sur la rupture anticipée du contrat de travail, ce qui conduit à un renvoi de l'affaire devant un juge départiteur.

Un nouveau procès programmé avec un magistrat professionnel

En raison de l'absence de consensus parmi les conseillers, le dossier sera désormais examiné par un juge départiteur, un magistrat professionnel dont la mission est de trancher les litiges lorsque les prud'hommes sont partagés. Une nouvelle audience sera organisée, bien que sa date précise reste à déterminer. Les délais estimés pour cette procédure supplémentaire varient entre six mois et deux ans, selon le calendrier judiciaire.

Guillaume Meurice conteste fermement son départ forcé de l'antenne de Radio France, une décision qu'il estime injustifiée. Dans le cadre de cette action en justice, l'humoriste réclame à la radio publique une indemnisation s'élevant à près de 400 000 euros, un montant qui reflète les préjudices subis selon ses avocats.

L'origine du conflit : une blague sur Benyamin Nétanyahou

L'ensemble de cette affaire trouve son origine dans un sketch humoristique diffusé le 29 octobre 2023. À l'occasion d'une chronique consacrée aux déguisements effrayants pour Halloween, Guillaume Meurice a évoqué le premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou, en le qualifiant de sorte de nazi mais sans prépuce.

Cette blague, prononcée seulement trois semaines après l'attaque du Hamas du 7 octobre, a rapidement provoqué une vive polémique dans les médias et sur les réseaux sociaux. La direction de Radio France a immédiatement réagi en demandant à l'humoriste de présenter des excuses publiques, une requête que ce dernier a catégoriquement refusée.

Les suites administratives et réglementaires de la controverse

Face au refus de Guillaume Meurice, Radio France a notifié un avertissement officiel à son employé au début du mois de novembre 2023. Quelques jours plus tard, l'Autorité de régulation de la communication audiovisuelle et numérique est intervenue en adressant une mise en garde formelle à l'entreprise publique, soulignant les risques liés à de tels propos dans un contexte médiatique sensible.

Cette séquence d'événements a finalement conduit à la rupture du contrat de travail et au dépôt d'une plainte aux prud'hommes par l'humoriste. L'affaire, qui mêle des questions de liberté d'expression, de responsabilité éditoriale et de droit du travail, continue donc son parcours judiciaire, avec des enjeux significatifs pour les deux parties.