Mayotte : Darmanin annonce une nouvelle prison modulaire face à la surpopulation carcérale
Mayotte : Darmanin annonce une nouvelle prison modulaire

Mayotte : Darmanin dévoile un plan pénitentiaire d'urgence face à la crise carcérale

Le ministre de la Justice, Gérald Darmanin, a annoncé ce lundi une réponse renforcée pour faire face à la situation critique des prisons de Mayotte. Lors d'une visite à l'établissement pénitentiaire de Majicavo, le garde des Sceaux a promis la construction rapide d'un nouveau site pour désengorger la détention sur l'île.

Une prison modulaire pour 250 à 300 détenus supplémentaires

Gérald Darmanin a confirmé le projet de créer « 250-300 places supplémentaires » dans des « prisons modulaires », après l'identification de deux terrains potentiels. La prison actuelle de Mayotte, conçue initialement pour 278 détenus, affiche régulièrement un taux d'occupation dépassant les 200%, créant des conditions de détention extrêmement difficiles.

Le ministre a précisé qu'un retour en juillet avec l'Agence publique pour l'immobilier de la justice est prévu pour confirmer définitivement ce projet. Cette annonce fait suite à un précédent engagement datant de 2022, qui prévoyait un deuxième établissement pénitentiaire de 400 places, mais qui était resté bloqué par la problématique récurrente du foncier disponible à Mayotte.

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Travaux immédiats et revalorisation des primes des agents

En parallèle de ce projet à moyen terme, le ministre a annoncé des mesures immédiates pour améliorer les conditions actuelles. Des travaux vont être engagés dans la prison existante, incluant notamment l'installation de filets anti-projections pour renforcer la sécurité.

Une revalorisation des primes des agents pénitentiaires mahorais est également prévue « d'ici deux mois », selon les déclarations de Gérald Darmanin. Cette mesure vise à reconnaître les conditions de travail particulièrement difficiles dans l'établissement surpeuplé.

Priorité à l'expulsion des délinquants étrangers

Le ministre de la Justice a martelé une double approche : « Il faut absolument construire des places de prison mais, par ailleurs, que les étrangers qui commettent des actes de délinquance soient expulsés ». Il a précisé que 50% des détenus à Mayotte sont de nationalité étrangère, et que 270 ont été expulsés l'année dernière.

Cette déclaration s'inscrit dans le contexte plus large de la lutte contre la délinquance à Mayotte, où les questions migratoires et sécuritaires sont particulièrement imbriquées.

Avancement des projets judiciaires à Mayotte

Gérald Darmanin a également fait le point sur d'autres chantiers judiciaires en cours sur l'île. Les travaux du tribunal judiciaire, qui ont connu des retards importants suscitant la colère des magistrats locaux, devraient s'achever le 8 juillet prochain. Le ministre a annoncé qu'il viendrait personnellement inaugurer le bâtiment.

En revanche, aucune annonce concrète n'a été faite concernant le projet de cité judiciaire, un autre projet datant de 2022. Ce dernier est pourtant prévu dans la loi de refondation de Mayotte promulguée en août 2025, avec un budget de 124 millions d'euros pour sa réalisation d'ici 2028-2031.

L'ensemble de ces annonces témoigne de la volonté affichée par le gouvernement de répondre à l'urgence carcérale à Mayotte, tout en s'attaquant aux racines du problème à travers une politique combinant construction d'infrastructures, amélioration des conditions de travail du personnel et mesures d'expulsion ciblées.

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