Affaire Epstein : le silence de Maxwell et la proposition de grâce présidentielle
Ghislaine Maxwell, ancienne collaboratrice de Jeffrey Epstein, a été auditionnée lundi 9 février 2026 par une commission de la Chambre des représentants américaine. La sexagénaire, actuellement incarcérée, a invoqué le cinquième amendement de la Constitution, lui permettant de garder le silence, lors de cette audition à distance. Cette décision a suscité des critiques vives de la part des élus démocrates et républicains.
Un silence stratégique et les réactions politiques
Le président de la commission, le républicain James Comer, a exprimé sa déception face au mutisme de Maxwell. "C’est évidemment très décevant. Nous avions beaucoup de questions à poser à propos des crimes qu’elle et Epstein ont commis, ainsi que sur d’éventuels complices", a-t-il déclaré aux journalistes. Maxwell purge une peine de vingt ans de prison après sa condamnation en 2021 pour complicité de trafic sexuel avec le défunt homme d’affaires Jeffrey Epstein.
Des membres démocrates de la commission ont accusé Maxwell de chercher à utiliser cette audition pour obtenir la grâce présidentielle de Donald Trump. Le représentant démocrate de Virginie, James Walkinshaw, a dénoncé cette manœuvre : "Ce que nous avons obtenu, c’est un nouvel épisode de sa campagne de longue date pour obtenir une grâce du président Trump. Et le président Trump pourrait y mettre un terme aujourd’hui, il pourrait exclure toute clémence pour Ghislaine Maxwell, le monstre".
La proposition de l'avocat : vérité contre grâce
David Markus, l'avocat de Ghislaine Maxwell, a justifié le silence de sa cliente en invoquant une requête en cours qui conteste l'équité de son procès. Dans un communiqué publié sur les réseaux sociaux, il a proposé un marché : "Si cette commission et le public américain veulent vraiment entendre la vérité sans filtre sur ce qu’il s’est passé, il y a un chemin simple pour y parvenir. Mme Maxwell est prête à parler franchement et honnêtement si le président Trump lui accordait la grâce".
Cette déclaration soulève des questions sur la possibilité d'un échange entre la transparence sur l'affaire Epstein et une mesure de clémence présidentielle. Les élus ont exprimé leur inquiétude quant à ce marchandage, insistant sur la nécessité de poursuivre l'enquête sans condition.
Les implications politiques et judiciaires
La situation met en lumière les tensions politiques autour de l'affaire Epstein, avec des républicains et démocrates unis dans leur critique de Maxwell, mais potentiellement divisés sur la réponse à apporter à sa proposition. Le rôle de Donald Trump, en tant que président républicain, est au centre des débats, avec des appels à rejeter toute demande de grâce.
L'affaire continue de s'épaissir avec des millions de pages de documents dévoilés récemment, citant diverses personnalités. La proposition de Maxwell ajoute une nouvelle dimension à ce dossier complexe, mêlant enjeux judiciaires, politiques et médiatiques.



